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Actualité politique

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Communiqué NPA31 suite à la manifestation de samedi Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique locale
Dimanche, 11 Janvier 2015 19:38

A Toulouse, mobilisation massive et populaire pour la liberté d’expression, en toute indépendance de la droite et du gouvernement

Le NPA 31, co-organisateur de la manifestation en réaction au massacre de Charlie Hebdo, se félicite de la participation massive de la population avec plus de 120 000 personnes dans les rues de Toulouse. Cette manifestation était appelée par un cadre unitaire regroupant des syndicats (CGT, Solidaires, FSU), des partis (PG, Ensemble, NPA,…) et des associations (LDH, Act-Up, FCPE, ATTAC,…). Au dernier moment, le maire de Toulouse (UMP), les représentants du gouvernement PS et leurs alliés (EELV, PCF) ont tenté de récupérer la manifestation et l'émotion populaire, pour nous faire oublier les mauvais coups qu'ils nous préparent avec la loi Macron.

Nous nous félicitons de leur échec. En effet, les tenants de l’« union nationale », contrairement à la manifestation parisienne, n’ont pas pu prendre la tête de la manifestation et ont échoué dans leur tentative de détourner le cortège. Pour nous, le mouvement ouvrier toulousain a eu raison de ne pas tomber dans le piège de l’union nationale. Nous ne sommes pas de ceux qui souhaitent s’unir avec les défenseurs du système qui multiplient les interventions militaires contre les peuples, les lois racistes et liberticides et qui mettent en place la casse sociale depuis de nombreuses années dans ce pays. Comment croire une seule seconde ceux qui prétendent défendre aujourd’hui la liberté d’expression alors qu’hier ils interdisaient les manifestations pour la Palestine ou contre le barrage de Sivens ?

A l’inverse, nous sommes fiers de défendre l’unité des travailleurs/ses et des opprimé-e-s,  quelles que soient  leurs origines ou leur religion. Tout en dénonçant tous les fanatismes religieux, nous serons les premiers dans les semaines à venir à nous battre contre l’islamophobie, contre les guerres impérialistes et contre les politiques antisociales du gouvernement.

Mise à jour le Dimanche, 11 Janvier 2015 19:43
 
Après l’ignoble attentat contre Charlie Hebdo, l’union nationale est un piège ! Imprimer Envoyer
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Vendredi, 09 Janvier 2015 16:12

Après l’ignoble attentat contre Charlie Hebdo, l’union nationale est un piège !

Unissons-nous pour la démocratie, la solidarité contre le racisme

L’attaque à l’arme lourde qui a fait 12 morts dans les locaux du journal Charlie Hebdo à Paris suscite dans tout le pays l’émotion, l’indignation, la colère et la révolte. Cette attaque terroriste est insupportable. L’exécution des salariés et des dessinateurs du journal est un crime qui nous vise toutes et tous, un crime contre la démocratie et la liberté d’expression. Notre solidarité est pleine et entière avec les victimes de cette folie meurtrière.

Ceux qui ont commis ces crimes veulent terroriser, provoquer délibérément l’horreur et la peur, créer une situation de tension extrême, précipiter l’affrontement et la radicalisation. Le danger est immense de voir le racisme et l’islamophobie déferler. D’ores et déjà les actes contre les musulmanNEs (attaques contre des mosquées, agressions…) se multiplient. Il est décisif d’y opposer une condamnation et une résistance sans concession. Plus que jamais nous devons combattre toutes stigmatisations, toutes discriminations. Il faut aussi refuser toutes les mesures sécuritaires et liberticides.

Hollande appelle à l’union nationale, le PS, l’UMP organisent dimanche des marches d’union nationale auxquelles le FN, reçu par Hollande le 9 janvier, a demandé à être invité. Les uns et les autres cherchent ainsi à masquer leur propre responsabilité dans la dégradation sociale et politique, le climat délétère que nous connaissons aujourd’hui. Tout en s’en défendant, ils cultivent un climat xénophobe et raciste, la peur de l’étranger, la peur de l’autre, terreau de la haine. Ils veulent ainsi diviser les classes populaires, les soumettre à leur politique, à leur ordre social qui engendrent la barbarie qu’ils prétendent combattre. Le comble du cynisme revient à Marine Le Pen qui a fait de la xénophobie, de la dénonciation des immigrés et des étrangers son fonds de commerce.

Une politique qui engendre le désespoir et la barbarie

Cette violence meurtrière et barbare ne vient pas de rien. Elle se forme au cœur de la violence sociale et morale que connaît une large fraction de la jeunesse des quartiers, la violence du racisme et de la xénophobie, des discriminations, la violence du chômage et de l’exploitation.

Cette violence barbare est l’enfant monstrueux de la guerre sociale que mènent la droite et la gauche au service de la finance. Et aussi des guerres contre les peuples qui se sont enchaînées depuis la première guerre contre l’Irak, en Afghanistan, en Libye, en Afrique, en Syrie. Ces guerres qui ne visent qu’à maintenir la domination des multinationales, leur droit à piller les richesses alimentent ainsi les pires fondamentalismes réactionnaires. Cette violence militaire barbare engendre une autre violence barbare. Il n’y a pas de réponse à la décomposition sociale dont le crime contre Charlie Hebdo est la dramatique expression sans combattre les politiques qui l’engendrent.

Pour la solidarité entre les travailleurs et les peuples

Notre solidarité avec Charlie Hebdo, avec les victimes de ce crime terroriste odieux dont certaines ont souvent été partie prenante de nos combats, c’est la lutte contre toutes les bêtises réactionnaires qui dressent les hommes et les peuples les uns contre les autres, contre tous les préjugés obscurantistes. La démocratie et la liberté d’expression ne se divisent pas, pas plus que le respect des hommes et des femmes, des peuples ou de la vie humaine.

C’est pourquoi, sur nos lieux de travail et d’études, sur nos lieux d’habitation nous pouvons discuter, nous rassembler, manifester pour construire la solidarité nécessaire pour faire vivre la démocratie et la liberté, en toute indépendance des forces réactionnaires et du gouvernement.

Le NPA 31 appelle les travailleur-se-s et la jeunesse toulousains à participer massivement à la manifestation du samedi 10 janvier à 14 h 30 à Jean-Jaurès, initiée par la Ligue des Droits de l’Homme, la Fondation Copernic, la CGT, la FSU et Solidaires 31 (voir au verso le tract d’appel, dont le NPA 31 est signataire).

Toulouse, vendredi 9 janvier 2015

 
Charlie Hebdo / communiqué du NPA Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique nationale
Mercredi, 07 Janvier 2015 16:46

L’attaque du siège du journal Charlie Hebdo provoque l'indignation et la colère devant une telle violence aveugle et meurtrière contre des journalistes, des salariés. Elle vise à semer la terreur, contre la liberté d'expression, la liberté de la presse au nom de préjugés réactionnaires et obscurantistes.

Nous avons souvent eu l’occasion de nous engager, de débattre, voire de polémiquer avec les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo, et avec qui nous avons eu des combats communs.

Le NPA adresse sa solidarité aux proches et familles des victimes, aux journalistes, aux salariés de Charlie Hebdo.

Mais nous ne serons d'aucune union nationale avec les apprentis sorciers qui jouent avec le racisme, attisent les haines contre les musulmans, les étrangers, ou se servent de cette affaire pour mettre en place de nouvelles lois liberticides. Ils portent une lourde responsabilité dans le climat xénophobe et délétère que nous connaissons aujourd’hui.

Les uns et les autres sont des ennemis de la démocratie, de la liberté, des ennemis des travailleurs, des classes populaires, les ennemis d'un monde de solidarité.

Le NPA appelle à manifester sa solidarité avec Charlie Hebdo à 17 h place de la République, à Paris, et à 18 h, place du Capitole, à Toulouse.

Montreuil et Toulouse, le 7 janvier 2015

Mise à jour le Mercredi, 07 Janvier 2015 16:49
 
Le SMG réitère son appel à ne pas faire grève et fait des propositions innovantes Imprimer Envoyer
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Mardi, 06 Janvier 2015 17:18

Communiqué du Syndicat de la Médecine Générale (SMG)

Le Syndicat de la Médecine Générale (SMG) appelle les médecins libéraux à ne pas se mettre en grève lors des fêtes de fin d’année : le SMG refuse de cautionner des revendications inflationnistes pour le système de soins et injustes pour la population (course aux actes, refus du tiers payant, dépassements d’honoraires, totale liberté d’installation).

En pleine crise économique et sociale, il n’est pas acceptable que le tiers payant soit attaqué car c’est un outil fondamental de justice sociale. Aujourd’hui, il est utilisé au prix d’une augmentation de la charge administrative des professionnels, d’une réduction de leur temps médical et de leur épuisement. Cela doit changer.

Le SMG prône le tiers payant généralisé, systématiquement proposé aux patients et aux médecins qui le souhaitent (1), tant que le système est régi par le paiement à l’acte, sous condition garantie par le législateur d’un guichet unique qui doit être l’Assurance maladie, car c’est la seule caisse qui est solidaire et c’est la moins coûteuse. Elle règlerait la totalité des actes de secteur 1 aux professionnels et se ferait ensuite régler le ticket modérateur par les complémentaires santé. Les médecins seraient ainsi libérés de la vérification administrative de la récupération d’une partie de leurs revenus et de la contractualisation avec ces mêmes complémentaires.

Le SMG prône la sortie du paiement à l’acte, la suppression de la prime à la performance (2) et le développement d’autres modes de rémunération.

Au-delà, le SMG revendique la création d’un service public pluriprofessionnel de soins primaires organisé en fonction des besoins de santé de la population, seul capable de réduire les inégalités sociales de santé, et appelle à un débat public sur la liberté d’installation, les conditions de travail et le niveau de revenus des professionnels de santé.

Lundi 15 décembre 2014

(1) Le tiers-payant existait dans le cadre de l’Option Médecin Référent, donc il est réalisable, au-delà des patients pour lesquels il est obligatoire : Aide Médicale d’Etat, Couverture Maladie Universelle, Accident du Travail/Maladie Professionnelle.
(2) ROSP = Rémunération (variable) sur Objectifs de Santé Publique ou prime à la performance : inégalitaire entre praticiens, inefficace pour réduire les inégalités comme son application l’a montré dans de nombreux pays, perverse dans son principe (individualisme, logique financière prenant le pas sur le soin, formatage des pratiques, dépendance des praticiens à l’organisme financeur) et coûteuse pour l’Assurance maladie.

 
La Case de Santé communique : première victoire ! Imprimer Envoyer
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Lundi, 22 Décembre 2014 18:15

Enfin ! Après une mobilisation remarquable en défense de la Case de Santé, l’ARS Midi-Pyrénées vient de débloquer la dernière partie du financement nécessaire à sauver l‘exercice 2014 ! L’ARS reconnaît le modèle innovant en santé de premier recours proposé par la Case de Santé et nous souhaitons poursuivre un travail sérieux dans un climat de dialogue à l’avenir.

Enfin ! A une dizaine de jours de la fin de l’année, nous pouvons envisager d’équilibrer notre budget, et donc d’assurer la continuité de notre fonctionnement. Nous avons une réunion lundi prochain, le 22/12 à 14 heures à l’ARS qui devra nous permettre de connaître les niveaux d’engagement financier de certains partenaires publics pour 2015. Reste à savoir si ces niveaux seront cohérents avec les besoins qui ont été identifiés en commun lors de la table-ronde du 17/11 dernier.

Enfin ! Le combat que nous avons dû engager il y a quatre mois à présent, a permis ce résultat. C’est le fruit de la mobilisation des usager-e-s pour qui la fermeture de la Case de Santé n’a jamais été une option, de l’engagement aux côtés de la Case de Santé de nombreux partenaires de terrain, de nombreux soutiens, anonymes ou responsables publics.

Enfin ! Nous avons défendu et sauvé notre modèle de lieu de santé de premier recours orienté vers la lutte contre les inégalités sociales de santé. Si les vents contraires s’apaisent, nous sommes prêt-e-s à relever le défi du déploiement de notre projet à une autre échelle. Pour peu que les financements de 2015 soient à la hauteur de nos besoins minimaux. Enfin !

Toulouse, le 19 décembre 2014

 
Soutien à la lutte des agents des Urgences Traumatiques Imprimer Envoyer
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Jeudi, 18 Décembre 2014 07:04

Communiqué

Le NPA 31 exprime son soutien à la lutte des agents des Urgences Traumatiques de Purpan, en grève depuis le 1er décembre. Leur engagement  pour des soins de grande qualité, pour des conditions de travail décentes et de meilleures conditions d’accès aux soins est une bouffée d’oxygène utile dans la résistance au plan d’austérité appliqué au CHU de Toulouse.

La direction du CHU de Toulouse et l’ARS Midi-Pyrénées doivent donner immédiatement satisfaction aux revendications exprimées par les agents et la CGT du CHU, notamment sur l’augmentation des effectifs.

Cette mobilisation est utile aussi car elle contraste fortement avec la mobilisation actuelle des médecins libéraux contre la généralisation du tiers payant qui limiterait l’accès aux soins.

Nous serons présents au rassemblement de soutien le lundi 22 décembre à 14 h place Baylac et invitons la population toulousaine à soutenir leur mouvement notamment en participant à leur caisse de grève en ligne sur le site : https://www.lepotcommun.fr/pot/h24dna4c

Toulouse, le 18 décembre 2014

 

 
Communiqué du NPA31 - Une parodie de "justice" Imprimer Envoyer
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Samedi, 06 Décembre 2014 18:00

Hier jeudi 4 décembre, 4 manifestant-e-s passaient en procès suite aux manifestations des 1er et 8 novembre, qui avait donné lieu à de violentes répressions policières et de nombreuses arrestations arbitraires.

Nous nous félicitons que plus de 200 personnes ont répondu à l'appel de l'AG des étudiant-e-s du Mirail et relayé par 12 organisations (FSU 31, Solidaires 31, CIP-MP, Fondation Copernic 31, AL, CSR 31, EELV Toulouse, Ensemble ! 31, LO, NPA, PCOF, PG) à venir soutenir les inculpé-e-s.

Mais une fois de plus, c'est à une parodie de "justice" que nous avons assisté : des condamnations lourdes malgré l'absence de faits avérés (120 heures de TIG pour l’un ; 2 mois de prison avec sursis pour deux autres) et allant même jusqu'à condamner Gaëtan pour un chef d'inculpation qui n'existe même pas!

Le NPA dénonce ces condamnations scandaleuses qui témoignent de la volonté de criminaliser le mouvement social et de restreindre les libertés démocratiques pour mieux faire passer la politique violente de ce gouvernement PS-MEDEF.
Le NPA exige l'amnistie de tou-te-s les condamné-e-s et la relaxe de tou-te-s les inculpés des manifestations de novembre à Toulouse.

Toulouse, le 5 décembre 2014

 
Communiqué de presse unitaire des organisations démocratiques et ouvrières toulousaines Imprimer Envoyer
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Mercredi, 03 Décembre 2014 15:36

Communiqué de presse

Les organisations soussignées apportent leur soutien au rassemblement du jeudi 4 décembre à 13 h devant le TGI décidé par l’AG étudiante de l’Université Jean-Jaurès (ex-Mirail) et réaffirment leur volonté d’obtenir l’amnistie des condamné-e-s et l’arrêt des poursuites contre les inculpé-e-s, victimes d’une répression arbitraire lors des manifestations de novembre.

Toulouse, le 3 décembre 2014

FSU 31, Solidaires 31, CIP-MP, Fondation Copernic 31, AL, CSR 31, EELV Toulouse, Ensemble ! 31, LO, NPA, PCOF, PG

Pièce-jointe:
Téléchargez ce fichier (Communiqué unitaire 4 décembre.pdf)Communiqué unitaire 4 décembre.pdf[ ]19 Kb
Mise à jour le Mercredi, 03 Décembre 2014 23:05
 
Communiqué de l’Intersyndicale CGT – FSU – SUD Éducation de l'université Jean-Jaurès (ex-Mirail) Imprimer Envoyer
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Mercredi, 03 Décembre 2014 15:17

Communiqué de l’Intersyndicale CGT – FSU – SUD Éducation

Les assemblées générales des personnels et des étudiants de l'UT2J ont dénoncé les interdictions de manifestations et les violences policières qui se sont produites à Toulouse depuis les mobilisations contre la construction du barrage de Sivens et en hommage à Rémi Fraisse, tué par la gendarmerie dans la nuit du 25 au 26 octobre.

Elles réclament l’amnistie des condamnés et la relaxe des inculpés des manifestations des 1er et 8 novembre.

Enfin, elles ont appelé à participer massivement jeudi 4 décembre prochain à 13 h, devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse, au rassemblement de soutien aux personnes interpelées lors des manifestations des 1er et du 8 novembre puis inculpées, dont un étudiant en L2 Histoire de l’art et archéologie de l’UT2J, qui passent en procès ce jour-là.

Les syndicats Sud-Education, FSU et CGT FERC-Sup, de l’UT2J se joignent à cet appel à se rassembler devant le TGI jeudi 4 décembre à 13 h.

Toulouse, le 3 décembre 2014

Mise à jour le Mercredi, 03 Décembre 2014 23:06
 
De Ferguson à Toulouse : quand le permis de tuer et la répression se banalisent Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique nationale
Mercredi, 03 Décembre 2014 09:35

Alors qu’un jeune garçon, noir, de 12 ans vient d’être abattu par la police de Cleveland, Darren Wilson, le policier qui a tué l’adolescent Michael Brown, déclenchant la première révolte de Ferguson en août dernier, a vu il y a peu les charges portées contre lui abandonnées par le grand jury. « J’ai fait mon travail dans les règles », « J’ai la conscience tranquille » a ainsi pu déclarer Wilson.

Au sortir de ce verdict, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour condamner son caractère ouvertement raciste. La répression policière et militaire lancée contre les manifestations témoigne de l’effondrement des illusions de la « démocratie post-raciale ».

Mais la France n’est pas l’Amérique, la profondeur historique de son sens de la démocratie, dit-on, est sans égale : tout cela est certes fort regrettable, mais bien loin de nous. Et pourtant, après l’assassinat du jeune étudiant écologiste Rémi Fraisse le 25 octobre à Sivens dans le Tarn, le gouvernement français et tous ses relais n’ont cessé d’accumuler les déclarations pour se dédouaner de toute responsabilité dans sa mort.

La classe politique a bien tiqué un peu, mais sans non plus en faire un casus belli. Qui donc, aujourd’hui, a réagi aux déclarations larmoyantes de l’avocat de celui qui a lancé la grenade assassine, selon lesquelles dans cette affaire le gendarme « est dans le même état d’esprit qu’un conducteur qui s’est parfaitement conformé au Code de la route, mais dont le véhicule a heurté mortellement un autre usager qui n’aurait pas respecté une interdiction. Ce qui s’est passé est un accident. Il n’est ni coupable ni responsable, mais il était présent, et c’est sa grenade qui a tué Rémi Fraisse. Il apprend à vivre avec ce drame malgré la pression émotionnelle importante ».

Pauvre appareil répressif

Les rhétoriques varient, mais le fond est le même : le coupable, c’est la victime. Cette psychologisation n’est que le complément, de la tête du gouvernement à ses préfets et ses magistrats, de la dénégation du fait même des violences policières, respect de « l’ordre républicain » et de « l’Etat de droit » en renfort. Pauvre appareil répressif : va-t-on sérieusement s’arrêter à cela ?

Qu’est donc cette prétendue démocratie à la française qui absout la répression ? Et surtout, qui aujourd’hui ose se lever et défier cette banalisation de fait du permis de tuer ceux qui se révoltent, qui contestent ? Qui pour dénoncer la banalisation de l’interdiction de manifester sa colère, comme à Toulouse, où depuis le meurtre de Sivens quatre manifestations contre les violences policières ont été interdites en novembre, trois d’entre elles violemment atomisées, avec une ribambelle d’interpellations arbitraires puis de condamnations ? Certaines sont même susceptibles d’aller jusqu’à la prison ferme, des peines qui pourraient tomber à la lecture des jugements à Toulouse ce jeudi 4 décembre. Un rassemblement de soutien est d’ailleurs prévu à cette occasion devant le Palais de Justice de Toulouse.

De leur côté, les étudiants mobilisés de l’université du Mirail n’ont pas encore pris le contrôle de leur université, mais leur révolte est profonde et profondément politique. Ils ont compris que la survie exige de défier l’arbitraire sanglant, surtout s’il se pare des atours de la démocratie. Pour l’instant ils se sentent seuls. Même s’ils commencent à occuper leur université et reprennent régulièrement la rue. Faut-il attendre, comme dans le poème de Niemöller souvent attribué à Brecht, que tous se fassent prendre et que l’on néglige de se sentir concerné, et de s’étonner qu’au bout du compte on y passe aussi ?

La lumière dans un océan de défaitisme

A-t-on besoin d’un nouveau Charonne 1962, d’un Ferguson à la française, pour rappeler que lorsqu’un pouvoir prend goût à interdire les manifestations, à justifier l’injustifiable, et à se lancer dans des procès politiques, on touche du doigt cet « Etat d’exception » où tout devient permis ? Avons-nous oublié qu’en 2005, deux jeunes adolescents, innocents mais poursuivis par la police, avaient trouvé la mort électrocutés, point de départ de la grande révolte des banlieues que la gauche dans son ensemble s’était bien gardée de regarder de trop près ?

En 1964, Herbert Marcuse, symbole de l’intellectuel américain tentant de penser à la hauteur de son temps, écrivait dans L’homme unidimensionnel – dont le cinquantenaire est tristement négligé par chez nous – que l’un des espoirs de révolution qui résistait, à côté d’un mouvement ouvrier américain en crise, était les étudiants en révolte. Leur « Grand refus » restait la lumière dans un océan de défaitisme et de repli défensif non seulement des réformistes, mais également de l’extrême gauche. Mai 68, en France, avait également commencé contre la répression policière, par une révolte étudiante avec laquelle s’était par la suite solidarisé le mouvement ouvrier, ouvrant ainsi la voie à la grève générale la plus importante des luttes de classes en Europe occidentale.

Bien sûr les conditions historiques ne sont pas les mêmes et une telle comparaison n’est pas d’actualité. Mais la défense des libertés démocratiques, le droit de s’exprimer et de manifester, et la condamnation des violences policières ne sont pas négociables. Il est intolérable qu’un manifestant puisse être arrêté et condamné seulement parce qu’il manifeste, mais il est encore plus intolérable que cela se produise sans soulever une indignation massive.

Nous qui signons cette tribune sommes des « intellectuels » selon la formule consacrée. Mais comme Sartre, au temps de la guerre d’Algérie, l’avait rappelé, il n’y a pas les intellectuels, et les masses, il y a des gens qui veulent des choses et se battent pour elles, et ils sont tous égaux. Aujourd’hui l’heure est grave, les droits démocratiques les plus élémentaires sont en péril, et la révolte gronde en toute légitimité. Hier, « tous des juifs allemands », aujourd’hui, « tous participant-e-s à des manifestations interdites ». Justice d’exception, prototype d’Etat d’exception, une nouvelle fois la démocratie du capital entre dans une phase haineuse et tombe le masque. Quiconque ne le regardera pas dans les yeux et ne s’insurgera pas avant qu’il ne soit trop tard, sera nécessairement, à un titre ou un autre, complice.

Les signataires de ce texte sont Etienne Balibar (philosophe, professeur émérite à l’université Paris-Ouest), Emmanuel Barot (philosophe, université du Mirail), Sebastien Budgen (éditeur), Judith Butler (philosophe, université de Berkeley, Californie), Vincent Charbonnier (philosophe, IFE-ENS Lyon), Mladen Dolar (philosophe, université de Ljubljana, Slovénie), Bernard Friot (sociologue et économiste, université Paris Ouest-Nanterre), Isabelle Garo (philosophe, enseignante), Eric Hazan (éditeur), Stathis Kouvélakis (philosophe, King’s College, Londres), Frédéric Lordon (économiste, CNRS), Michael Löwy (philosophe, CNRS), István Mészáros (philosophe, université du Sussex, Angleterre), Beatriz Preciado (philosophe, Musée d’art contemporain de Barcelone), Guillaume Sibertin-Blanc (philosophe, université du Mirail), Joan W. Scott (historienne, Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey) et Slavoj Žižek (philosophe, université de Ljubljana, Slovénie).

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/02/de-ferguson-a-toulouse-quand-le-permis-de-tuer-et-la-repression-se-banalisent_4532849_3232.html

 
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