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Contribution au débat NPA : Rapports parti / syndicat Imprimer Envoyer
Actualité des comités NPA31 - Vie du NPA
Mercredi, 16 Avril 2008 18:55

Discussion permanente dans le mouvement ouvrier français, le rapport entre les partis et les syndicats est une longue histoire. Pour nous, tout d’abord, ce n’est pas une discussion générale sur les rapports entre « les syndicats » et « les partis », mais lorsque cela concerne un parti comme la LCR ou comme le NPA que nous voulons construire, et les syndicats tels qu’ils existent aujourd’hui en France, avec leurs réalités diverses.

Repartons de quelques extraits de la Charte d’Amiens (adoptée par la CGT en 1906) qui n’est en rien la loi d’airain que nous devrions suivre, mais qui permet de voir comment le syndicat de l’époque concevait son rôle : « la CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat », ce qui n’est déjà pas rien. Elle définit un véritable programme pour le syndicalisme : « reconnaissance de la lutte de classe » et « réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. ». Mais, pour les congressistes d’Amiens, le rôle du syndicat va bien au-delà : « Il prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste »

 

C’est la double besogne, la défense des intérêts immédiats des travailleurs et lutte pour le renversement du capitalisme ( qui à l’époque était aussi dans le programme du Parti socialiste).

Evidemment, nous n’en sommes plus là en 2008 pour le programme et la pratique des organisations syndicales comme des partis traditionnels du mouvement ouvrier. Par ailleurs, même en 1906, il y avait une marge entre des programmes révolutionnaires et l’orientation de la lutte quotidienne.

1/Dans nos conceptions politiques,

la classe ouvrière, les salariés qui forment l’immense majorité de la population, celle qui vend sa force de travail pour vivre sont le moteur de l’émancipation sociale.

En ce sens, un syndicat de travailleurs comme un parti de travailleurs ont pour vocation d’organiser l’un et l’autre des salariés.

Nous n’avons pas comme parti, la conception traditionnelle, institutionnelle dans laquelle le rôle d’un parti serait de gérer les institutions et donc d’être essentiellement un parti électoral, assis sur ses élus. Historiquement, en Grande Bretagne par exemple, ce sont les syndicats qui ont créé « leur » parti politique pour avoir un correspondant à la Chambre des Communes capable de reprendre fidèlement leurs exigences. En Allemagne, par contre ce fut l’inverse, le Parti socialiste cherchant à créer son correspondant dans l’action syndicale quotidienne.

Nous n’avons ce type de conception. Pour nous un parti doit être le lieu d’organisation de salariés, de travailleurs ; luttant ensemble pour leur émancipation, pour combattre la classe dominante. Ses lieux privilégiés d’organisation sont donc l’entreprise et les quartiers populaires, lieux de travail et d’habitation des salariés. Pour nous, le parti est donc présent aussi dans l’entreprise pour y défendre parmi les salariés les idées socialistes, les idées d’émancipation.

Pour donner aussi toute sa dimension à la résistance quotidienne contre le patronat.

Ce n’est pas un lieu de représentation, mais un lieu d’organisation !

Son action politique est donc aussi importante dans les entreprises, dans des secteurs professionnels que dans les quartiers populaires ou parmi la jeunesse. Ce d’autant plus que c’est dans l’entreprise que se noue la structure même du système capitaliste, la séparation des producteurs d’avec les moyens de production, la vente de la force de travail et l’appropriation par les capitalistes de la valeur, base même du système économique capitaliste, de l’exploitation de classe.

2/Là on croise la question du syndicat.

Pour nous le syndicat a une double besogne : la défense quotidienne des intérêts des travailleurs, mais aussi le combat pour l’abolition du capitalisme, pour l’émancipation des travailleurs. Car la tâche permanente de défense des intérêts matériels des prolétaires, de ceux qui n’ont comme revenu que leur force de travail, des salariés en un mot, ne peut faire oublier que cette bataille est un combat de Sisyphe, car c’est le système même qui permet la continuation de cette exploitation, la bataille toujours inégale entre salariés et capitalistes, car il n’y a pas de « juste partage des richesses » dans le système capitaliste. En cela, la Charte d’Amiens avait raison de parler de « double besogne ».

Nous nous réclamons de cette tradition. Le rôle du syndicat n’est donc pas de déléguer à des partis politiques ou à un parti politique la fonction de représentation des salariés….ni de penser qu’il doit s’autolimiter à la revendication immédiate dans l’entreprise, ne pas parler de la mondialisation, des droits des travailleurs immigrés, de la sous-traitance, de la précarité et du chômage, des retraites et de la santé, de la criminalisation de l’action collective, de la discrimination que subissent les femmes, les travailleurs des quartiers populaires dont les parents viennent d’Afrique ou d’Asie. Il ne doit en aucun cas se résigner à accepter le cadre de l’exploitation capitaliste comme « naturel ». Pour nous, il n’y a pas un domaine réservé pour les partis, pas plus d’ailleurs qu’il n’y a un domaine réservé pour les syndicats. Le parti à juste titre parle des revendications sociales ( 1500€, l’interdiction des licenciements, …) et le syndicat du gouvernement, de la guerre, ;;;;

Donc le problème n’est pas la séparation des domaines d’action(le syndicat dans l’entreprise et le parti dans la commune ou le quartier…) ou des prérogatives ( le syndicat ne fait pas de politique, le parti n’a pas à se mêler des revendications….) C’est plutôt la séparation des fonctions et des délimitations.

Le rôle premier du syndicat est d’organiser, de la façon la plus large possible les travailleurs d’une entreprise, les salariés quel que soit leur métier, leur statut. Conséquence logique d’organiser, sur un même site, dans une même branche, au sein du même syndicat ou de la même fédération tous les salariés quel que soit leur entreprise, cassant ainsi toutes les divisions créées par le patronat

Et la base d’organisation est évidemment la défense intransigeante des intérêts des salariés sur une base de classe, ce qui implique évidemment la compréhension commune de l’exploitation capitaliste, de la nécessité pour les salariés de s’organiser de manière indépendante pour la défense de leurs intérêts de classe, contradictoires à ceux des capitalistes ou de leurs mandants dans les entreprises. La défense jusqu’au bout de ces intérêt pose inévitablement la question de la transformation de la société. Mais ces bases là étant posée, le syndicat n’a pas à faire de distinction d’ordre politique ou philosophique ( la religion étant une philosophie) qui sont dans ce cas des choix individuels. Et le syndicat doit même chercher sur de telles base à rassembler en son sein le maximum de travailleurs, à éviter l’éparpillement syndical, et/ou à chercher à constituer aussi souvent que possible un front unique de l’ensemble des salariés et des syndicats….sur des bases de classes et d’action collective.

Le syndicat selon nous fait donc des clivages, mais sur ce point déterminant qu’est la défense intransigeante des intérêts matériels des salariés. Le syndicat ne fait pas de clivage entre l’adhérent qui pense possible de changer progressivement la société et celui ou celle qui pense fondamental de préparer le renversement révolutionnaire du capitalisme. De ce point de vue, nous pensons que la Chartre d’Amiens pose dans le syndicalisme un clivage excessif.

3 / Mais le débat politique est donc présent en permanence dans le syndicat.

Les militants politiques, ceux de la Ligue, sont évidemment actifs dans le syndicat. Il est inconcevable, sauf exception rare, qu’un militant de la LCR ne soit pas militant syndical actif. Cela veut dire évidemment la construction du syndicat, et la participation à la formation, à l’élévation du niveau de conscience de l’ensemble de l’organisation et de ses militants. En cela les militants participent à l’avancée ou au maintien du syndicat sur des positions de classe et d’unité.

D’autant plus aujourd’hui, avec les dérives du mouvement ouvrier, un parti apporte la cohérence de la compréhension du système, de la politique de classe menée par le patronat.

Il apporte aussi naturellement des dimensions internationaliste, antiraciste, féministe, écologiste qui doivent logiquement être le capital du syndicat dans son ensemble, mais c’est rarement le cas….même dans les syndicats ou les sections syndicales « luttes de classes ». Et évidemment les militants politiques apportent aussi la nécessité d’un combat politique pour le renversement du système sans évidemment en faire un enjeu dans le syndicat.

Là on voit une fonction spécifique du parti qui organise consciemment ceux et celles qui veulent s’organiser pas seulement pour l’activité sociale quotidienne, mais pour construire par les luttes une alternative de société au capitalisme et donc pour le renversement de ce système d’exploitation.

Et l’intérêt que le parti soit aussi organisé dans les entreprises et les branches vient aussi de l’alimentation politique, de l’ancrage que donne cette présence pour l’ensemble du parti. Ces racines sont tout aussi important que les liens internationaux pour résister à la pression quotidienne de la classe dominante.

Dans toutes ces questions, on voit bien qu’il n’y a pas de frontières étanches mais des fonctions essentielles, des centres d’activité, des niveaux de conscience politiques différents pour adhérer à un parti ou à un syndicat.

L’orientation générale n’est pas la seule bataille importante. La question de la démocratie ouvrière est aussi fondamentale. La compréhension que la force essentielle dans l’action collective vient de l’organisation collective des salariés eux-mêmes, de l’exercice y compris du contrôle des organisations syndicales. Les fonctionnements bureaucratiques, la coupure d’avec le contrôle de l’ensemble des salariés est un atout puissant pour le patronat. Nous défendons donc une conception de démocratie ouvrière qui lorsqu’elle est réalisable dépasse la démocratie syndicale. Cette démocratie ouvrière est d’autant plus fondamentale que c’est elle qui impose le plus souvent l’unité syndicale….et non l’inverse.

Les militants politiques donc veillent à cette démocratie comme à la prunelle de leurs yeux combattant les réflexes boutiquiers ou élitistes.

Mais aussi ils combattent contre les dérives néo-libérales ou de conciliations présentes à chaque étape de l’action syndicale. C’est notamment le cas aujourd’hui avec l’évolution des orientations des directions confédérales qui s’adaptent toutes aux politiques libérales.

Mais en faisant tout cela, les militants politiques respectent toujours la démocratie du syndicat.. Même lorsqu’une direction syndicale est homogène, convaincue de la justesse d’une position, cette position n’a d’intérêt et d’utilité que si elle correspond à un débat et à une décision démocratique prise pas les instances du syndicat. Il ne sert à rien qu’une direction vote par exemple une revendication d’augmentation salariale uniforme de 300€ nets pour tous, si cela ne correspond pas à un débat et à une pratique réelle du syndicat et de ses sections.

De même, les militants luttes de classes dans les syndicats sont étrangers à toute logique de soumission à des consignes ou des considérations venant de telle ou telle organisation politique ou surtout de telle ou telle structure de pouvoir. Quelle que soit la couleur d’un gouvernement ou d’un ministre, cela ne change rien à la détermination du syndicat de faire aboutir ses revendications. Si la pratique d’un gouvernement, même de partis ouvriers, l’amène à se confronter avec les intérêts collectifs des salariés, il doit se heurter évidemment aux syndicats qui sont là pour défendre les salariés.

Mise à jour le Lundi, 11 Août 2008 13:54
 


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