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[Journal entreprises] Le retour du débat syndical Imprimer Envoyer
Actualité des comités NPA31 - Tribune
Lundi, 20 Avril 2009 21:20

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Vous lirez ci-après une première réflexion sur la recomposition syndicale qui vient. Ce texte se contente de décrire l'existant, il examine les premiers effets de la loi sur la représentativité et la tactique des luttes à l'œuvre sous la houlette de la CGT promotrice d'un « syndicalisme rassemblé ». Le texte revient sur les années 1995-2003 et questionne sur les choix faits durant cette période de luttes, initiée par une victoire sur les retraites, mais conclue par une défaite. La CFDT y a à deux reprises connu de fortes turbulences entraînant le départ de milliers d'adhérents vers d'autres centrales syndicales ou perdus dans la nature. Ce texte émanant d'un membre du bureau du comité entreprises du NPA 31 ne met en avant qu'une seule recommandation : la nécessité de faire de l'avenir du syndicalisme un débat public. Toutes les réflexions, contradictoires ou complémentaires, qu'il pourrait susciter seront publiées dans les livraisons ultérieures de son Journal.

Bonne lecture et... à vos plumes et claviers !


Le débat sur la recomposition syndicale revient sur le devant de la scène après diverses élections, prud'hommes, SNCF et la signature par la CGT et la CFDT d'un accord sur la représentativité syndicale.

 

Elections piège à recompositions ?

 

Les élections à la SNCF viennent de mettre un éclairage brutal sur ce qu'ont signé la CGT et la CFDT à savoir que les organisations, fussent-elles confédérées, si elles ne dépassaient pas le seuil de 10 % au plan national, ne seraient plus représentatives, et ne pourront plus participer aux négociations nationales. FO, CGC, CFTC, pourtant avides de ces rapports privilégiés avec la direction, n'atteignent pas ce score.

L'autre aspect de la réforme est de pousser les organisations à se regrouper voire fusionner pour « régler » le problème de l'émiettement syndical. Beaucoup d'experts et autres spécialistes y ont vu la fin de la « balkanisation » du mouvement syndical français. La CFTC et FO rejoignaient leur maison mère la CFDT et la CGT. Avant les prud'hommes, l'UNSA et la CGC annonçaient leur fiançailles... Pour le moment, personne n'a quitté son domicile, il y a eu un contrôle de police tragique à la CGC ou à l' UNSA ! A la SNCF, la CFDT, laminée en 2003 pour haute trahison, comptait revenir par la fenêtre en s'alliant à la FGAAC, première organisation chez les conducteurs. La direction de la SNCF et la CFDT s'y voyaient... c'est tout juste s'ils franchissent la barre des 10 % !
La fin des privilèges confédéraux ?
La peur de l'absence de représentativité va-t-elle pousser des syndicats à se regrouper ? Ces regroupements vont-ils favoriser l'UNSA comme à la SNCF qui devient la deuxième organisation derrière la CGT mais devant SUD ?
Sans crainte de se tromper nous affirmerons qu'il y aura des regroupements alimentaires, ici et là, pour éviter la disparition pure et simple de syndicats dans bon nombre de secteurs. Sont concernés autant les syndicats coorporaristes type FGAAC que des syndicats appartenant à chacune des confédérations.
Il peut y avoir, à une échelle moindre, des transfuges syndicaux pour des questions politiques ou de convenances personnelles. C'est le cas de Goodyear où une équipe CGT, exclue par la fédération, se présente pour l'UNSA... et aux élections qui suivent la CGT, CFDT, FO disparaissent, restent l'UNSA et SUD.
Donc l'idée que la loi sur la représentativité favoriserait des rapprochements politiques des syndicats est faux. Au mieux il y aura des arrangements pour contourner, s'adapter à la loi.
Le débat politique sur la recomposition c'est autre chose.
La CFDT et la CGT, que peu de chose sépare maintenant sur le plan syndical ont à la fois donné des gages au Medef sur leur responsabilité dans le dialogue social, la politique contractuelle, mais aussi conflictuelle. Aux autres centrales syndicales, la CGT et la CFDT ont indiqué que la hiérarchie fixée par les élections avaient un sens. Les 3e , 4e , 5e, fussent-ils confédérés, ne peuvent pas peser plus que les 1er et second. Cet accord a donc pour but premier de réduire au maximum la place de la CFTC, CGC, FO, pour les amener à terme à organiser des regroupements, comme nous les avons décrits plus haut.
Pour autant la CFDT, mise à mal aux prud'hommales, et la CGT, plutôt gagnante dans les dernières élections (même si elle régresse dans certains secteurs : France Télécom, SNCF), ne jouent pas forcément la même participation et n'ont pas les mêmes intérêts dans cette partie de poker menteur.
Le second problème que doit résoudre cet accord est la réduction au maximum de l'espace que pourrait occuper Solidaires voire la FSU. L'axe CGT, FSU, Solidaires (parfois FO), un temps mis en pratique et décrit comme le « syndicalisme de lutte » par opposition au « syndicalisme d'accompagnement » incarné par la CFDT, CFTC, CGG, a été abandonné et remplacé par ce que nous avons en ce moment sous les yeux, à savoir un « syndicalisme rassemblé » autour de la CGT, produisant de grosses mobilisations, mais réduisant à néant toute volonté d'activité autonome au plan interprofessionnel.
C'est dans ce contexte qu'il faut examiner les discussions qui s'ouvrent au plan national entre la CGT et la FSU. L'objectif n'est pas de parvenir dans un délai court à une fusion entre la CGT et la FSU. On ne peut pour autant ignorer les courants politiques proches des communistes orthodoxes et qui verraient à travers une telle stratégie la possibilité de redonner un peu de vigueur à ce courant pour éviter, pensent-ils, la dérive sociale-libérale de la centrale de Thibaut. Au sein de la FSU, ces courants, mais pas seulement eux, qui militent pour ce rapprochement s'opposent depuis toujours a un rapprochement, un travail suivi avec Solidaires.
Rapprochement et fusion
Ce rapprochement entre la FSU et la CGT a donc une triple fonction.
D'abord et c'est élémentaire organiser un rapprochement entre la première centrale syndicale et la première organisation syndicale dans l'Education nationale. Il n'a échappé à personne que, depuis 2003, c'est dans l'éducation de la maternelle à l'université que les conflits sont les plus nombreux.
La deuxième raison de ce rapprochement est pour la CGT d'éviter que la FSU ne se développe un peu partout dans les fonctions publiques, notamment territoriales. Ne pas avoir ce souci au moment de la signature de l'accord sur la représentativité serait un non-sens.
Enfin et ce n'est pas moins important tout faire pour que ne se développe un axe, un rapprochement FSU-Solidaires. S'il y a eu dans le passé des tentatives de rapprochement entre ces deux organisations (Comité de liaison unitaire interprofessionnel [CLUI]), des liens forts au plan local qui ont permis des avancées non négligeables sur le terrain de l'unité... on ne peut ignorer tant dans la FSU que Solidaires une hostilité de la part de certains plus ou moins majoritaires depuis quelque temps à la poursuite de ces travaux. Nous avons cité plus haut les courants du PC, mais on peut également trouver dans des courants plus gauche cette hostilité. Dans Solidaires c'est du coté de SUD Education que l'on trouvera les plus forts opposants à un travail privilégié avec la FSU. SUD Education, née après le conflit de 1995 (donc après la création de la FSU) autour d'un noyau issu du SGEN CFDT, a reproduit au sein de SUD Education une logique identitaire, une culture minoritaire entièrement tournée contre la FSU et son syndicalisme de tendance et d'accompagnement du personnel, promotions, mutations... Radicaux à souhait, mais incapables sur le terrain de construire à côté de la FSU une force syndicale capable de peser dans les conflits fort nombreux depuis 1995.
Donc on le voit il y a de multiples raisons tant pour la FSU que la CGT de procéder à un rapprochement officiel. La fusion deviendra une réalité ou une nécessité si les conditions de celle-ci ne sont pas le prétexte à un nouvel émiettement du syndicalisme. En même temps on voit comment ces diverses opérations si elles se font dans la logique voulue par les directions nationales tendent à isoler Solidaires au plan interprofessionnel et en faire une organisation sans possibilité d'alliance avec quiconque, hormis la stratégie de « syndicalisme rassemblé » organisé par la CGT.
Mais il y a une opportunité à saisir pour, en opposition avec les logiques des directions nationales de ces organisations, transformer cette tentative en une démarche de construction et de développement d'un véritable syndicalisme de lutte et de proposition fondée sur un axe CGT-FSU-Solidaires, comme cela a pu commencer à se concrétiser dans notre département en quelques occasions, notamment lors de la campagne référendaire sur le TCE ou encore lors de la lutte contre le CPE.
NPA et syndicalisme
Le respect de l'indépendance syndicale, au vu des ravages produits par la mainmise du PC sur la CGT pendant des dizaines d'années est à lui seul un argument suffisamment convaincant pour ne jamais déroger à cette règle. Cela ne nous interdit pas pour autant de donner chaque fois que c'est nécessaire notre point de vue sur la situation et sur la façon dont les syndicats s'en emparent. Aujourd'hui il y a beaucoup à dire sur les propositions syndicales et nous ne nous en privons pas. Cela agace autant Thibaut que Chérèque d'ailleurs. La parole d'un-e militant-e syndical-e encarté-e au NPA ou ailleurs n'est pas moins crédible et forte que celle d'un-e militant-e non encarté-e. Il y a une différence essentielle entre défendre au sein d'un syndicat un point de vue qui peut être sur bien des aspects semblable ou proche de celui du NPA et organiser les membres du NPA d'un même syndicat pour imposer dans celui-ci la position du parti.
Des processus de recomposition ont eu lieu dans un passé récent : 1995, 2003, dans lequels les révolutionnaires au sens large du terme ont joué un rôle non négligeable. Rien ne nous interdit de revisiter cette période, d'autant plus qu'un livre récent retrace, à sa façon, le passage d'équipes syndicales de la CFDT vers la CGT. Ce qui frappe quand on ré-examine cette période c'est le manque de vision à moyen et long termes des équipes syndicales pourtant rompues aux débats sur la centrale unique, la construction d'oppositions syndicales, dans la gestion des crises qui ont secoué la CFDT en 1995 et 2003. Fallait-il rester à la CFDT en 1995 au lieu de construire les SUD ? Fallait-il construire SUD Education alors que la FSU venait de voir le jour (1993) ? Fallait-il renforcer la CGT, cheminot en particulier en 2003 ? Fallait-il construire la FSU dans les collectivités territoriales, au ministère du travail ? Tous ces choix sont discutables, ils recouvrent ici et là des décisions dont le sens politique est très discutable... Mais pour l'essentiel ce qui a fait défaut durant cette période c'est l'absence de débat démocratique public sur « de quel syndicalisme avons-nous besoins », même si on peut admettre que le choix définitif d'affiliation revient à l'équipe syndicale.
Nous ne sommes qu'au début d'un processus de recomposition. Il y a d'un côté les manœuvres d'appareil qui tentent de dessiner un nouveau paysage syndical, il y en face des luttes sociales que se réapproprient des formes de lutte qui vont venir heurter de plein fouet les planings syndicaux. Dans tous les cas de figure, il ne faut pas reproduire les schémas des années 1995 et 2003, il est de notre responsabilité de mettre sur la place publique ce qui est en cours et de donner notre point de vue.
Gilles

 

 

Mise à jour le Lundi, 02 Novembre 2009 18:11
 


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