Solidarité avec les résistants de Gezi ! Imprimer
Actualité politique - Actualité politique internationale
Mardi, 25 Juin 2013 23:31

Pendant deux semaines, des milliers de manifestant-e-s ont occupé la place Taksim et le parc Gezi au centre d’Istanbul. Des milliers d’autres sont dans les rues des principales villes de Turquie pour exprimer leur soutien à la résistance de Gezi. Il a suffi d’une étincelle pour donner naissance au formidable mouvement de contestation auquel nous sommes en train d’assister depuis plus de 20 jours.

Vendredi 28 mai au matin, une manifestation de militants s’opposant à un projet de rénovation urbaine projetant de détruire le parc de Gezi pour y construire à la place un centre commercial a été réprimée avec une violence extrême. En quelques heures le mouvement a pris de l’ampleur, les gens sont sortis de chez eux et ont accouru à Gezi. La mobilisation s’est transformée en un mouvement populaire massif, obligeant les forces de police à se retirer de la place Taksim et du parc Gezi.

L’attention s’est surtout concentrée sur l’occupation du parc Gezi où soufflait un vent de liberté et où, pour la première fois, des milliers de personnes ont pu faire l’expérience de vivre ensemble, collectivement. Toutefois, la répression et les violences policières ont continué durant toute cette période dans les autres villes de Turquie, Ankara en particulier, où ont lieu sans relâche des manifestations massives.

Le plan de restructuration de Taksim, annoncé par le premier ministre Tayyip Recep Erdogan en personne et adopté sans aucune concertation avec la population, arrive après une série de mesures néo-libérales et de mesures conservatrices prises depuis 2011 : interdictions de la vente d’alcool entre certaines heures votée fin mai 2013, construction d’un énorme centre commercial sur Istiklal Caddesi dont un étage est illégal, destruction du cinéma populaire Emek Sinemasi il y a quelques semaines, lancement de la construction du troisième pont du Bosphore, et projet de construire un troisième aéroport à Istanbul.

Le 1er Mai avait été le théâtre d’affrontements particulièrement violents et depuis toute manifestation avait été interdite à Taksim et sévèrement réprimée. La brutalité des forces de l’ordre ainsi que l’arrogance du premier ministre (traitant à loisir les manifestants de bons à rien, de marginaux et d’alcooliques) ont ainsi allumé la flamme d’une résistance qui dure depuis.

Les premiers à s’engager dans le mouvement ont surtout été les militant-e-s de la gauche radicale et les écologistes. La jeunesse a toutefois rapidement rejoint le mouvement et y occupe une place centrale. Les groupes kémalistes et nationalistes, les ONG, et des secteurs plus larges de la société turque se sont ensuite ralliés à la résistance de Gezi.

Mardi 11 juin dernier, les forces de police ont toutefois réussi à reprendre la place Taksim. Contraints de se retirer dans le parc, les manifestants ont alors vécu une journée de tensions et d’affrontements autour de la place Taksim. S’est ensuite ouverte une période de rencontres entre le premier ministre, et divers artistes, intellectuels et représentants de l’initiative Taksim. Le gouvernement a opté pour la répression et le parc a été évacué de manière particulièrement brutale samedi 15 dans la soirée. Le week end des 15-16 mai a été marqué par des affrontements particulièrement violents et surtout par des attaques de milices armées, soutenant l’AKP, encouragées par les meetings organisés par le premier ministre.

La place Taksim et le parc Gezi ont donc été perdus. Cependant, loin d’être une défaite, l’engagement massif de la jeunesse dans la résistance et l’occupation de Gezi doivent être considérés comme une victoire et permettent d’ouvrir d’autres perspectives.

Depuis l’évacuation du parc, chaque quartier d’Istanbul a créé son assemblée populaire. Tous les soirs, des milliers de manifestants se retrouvent dans le parc de leurs quartiers et débattent, échangent, font vivre une démocratie réelle et directe.

À l’heure ou ce communiqué est écrit, des milliers de personnes remarchent encore vers la place Taksim pour protester contre la décision du procureur de n’ouvrir aucune poursuite à l’encontre des policiers responsables des cinq morts que compte de mouvement. Les parcs ne désemplissent pas, les rues non plus.

Her Yer Taksim, Her Yer Direnis.
Taksim est partout, résistance partout !

Toulouse, le mardi 25 juin 2013


Réunion publique
avec Clémence, de retour d’Istanbul, Kadir, comité étudiant
de Turquie et Ahmet, militant de la cause kurde
vendredi 28 juin à 20 h 30, au local du NPA (9, rue Corneille. M° Arènes)

Pièce-jointe:
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