Pour ne pas bronzer idiot ! Des idées de livres pour les vacances.... Imprimer
Formation - Autres
Dimanche, 15 Août 2010 12:09
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L’Affaire de l’esclave Furcy, Mohammed Aïssaoui, Gallimard, 198 pages - 16, 90 euros

Si Furcy, né en 1786, était encore vivant en 1848 quand parut le décret d’abolition complète de l’esclavage dans les colonies françaises dû à Victor Schœlcher, il l’aurait applaudi, quoique moins concerné depuis un jugement de 1843 qui le reconnaissait « né en état de liberté ». Il en avait apporté la preuve dès 1817 auprès du tribunal de Saint-Denis de la Réunion, mais ce fut pour des décennies de tergiversations des juges et surtout d’acharnement de ses prétendus « maîtres » après qu’il les eut assignés en justice. La revendication de sa liberté par ce « Malabar, mulâtre, né à Bourbon, maître d’hôtel, jardinier et maçon, estimé à 7 000 francs » n’allait-elle pas servir d’exemple aux 16 000 esclaves en situation similaire, puis aux 60 000 autres qu’employaient les puissants planteurs de l’île ? Emprisonné plus d’un an puis transféré par mesure punitive dans une plantation de l’île Maurice, Furcy n’échappa aux vexations de ses « maîtres » qu’à la faveur d’une décision des autorités mauriciennes jugeant en 1829 qu’il n’avait pas été dûment déclaré « comme marchandise » lors de son arrivée dans l’île ! Ces faits ont été tirés de l’oubli en 2005, avec l’achat par les Archives départementales de la Réunion de documents mis en vente publique par les héritiers de l’un des courageux défenseurs de Furcy. Alerté par quelques entrefilets dans la presse, Mohammed Aïssaoui, journaliste au Figaro littéraire, entreprit alors une enquête dont il publie aujourd’hui le résultat, sous forme de « récit » et non d’étude savante, parce que « l’histoire de l’esclavage est une histoire sans archives », comme il l’écrit après Hubert Gerbeau, spécialiste du sujet. Son récit bien mené donne chair à ces vieux documents, en laissant aux lecteurs le soin de poursuivre l’enquête sur ce sujet accablant.

Pourquoi les SDF restent dans la rue, Pascal Noblet, Éditions de l’Aube , 206 pages - 21 euros

Dédié aux Enfants de Don Quichotte, le livre de Pascal Noblet, spécialiste des « politiques sociales », ayant déjà publié en 2005 Quel travail pour les exclus (Dunod), nous livre ici une analyse fine, rigoureuse qui s’appuie sur quinze années d’activité professionnelle au contact des acteurs institutionnels et
associatifs intervenant auprès des sans-abri.
Il tente de faire la synthèse des articles, ouvrages, statistiques sur la question et des luttes menées, ceci sans complaisance : idées reçues, instrumentalisation politique, réponses uniquement à court terme, politique de l’urgence, du logement... tout y passe.
Avec beaucoup de respect néanmoins, des analyses, des combats et des revendications légitimes des uns et des autres, il met en lumière toute la complexité des approches et des structures en place qui pour lui, font obstacle à la mise en œuvre de solutions durables et pragmatiques, spécifiques à cette population.
Ce livre nous apporte une lecture fine de la nouvelle dynamique que la mobilisation nationale menée par les Enfants de Don Quichotte durant l’hiver 2006-2007, en cassant les consensus en place, a permis.
En décryptant nombre d’idées reçues, cet
essai esquisse avec bon sens les éléments d’une politique publique cohérente qui, n’en doutons pas, feront grincer des dents nombre d’organisations, partis, associations...
Cela ne peut que nous aider pour affiner au plus juste notre projet politique face à un problème de société majeur.

Les Chasses à L’homme , Grégoire Chamayou , La Fabrique - , 248 pages - 13 euros

On peut lire dans la presse française ces temps-ci que les fortunes françaises ont profité de la fin du bouclier fiscal pour s’offrir des domaines de chasse. Observant ces bonnes feuilles, il semble que cette chasse ouverte se soit étendue sur tout le territoire européen et en particulier, en Franconie sous le règne du bon roi Nicolas, qui a fait des immigrés « à peaux pas très claires » des proies pour ses gens d’armes. Grégoire Chamayou, chercheur et chasseur d’idées, retrace le comment et le pourquoi des chasses à l’homme de l’Antiquité à nos jours. Son angle qui épouse celui de l’abjection ou - en termes marxistes – de l’exploitation humaine rappelle la chasse aux pauvres dans la France du xixe siècle ou celle des ouvriers après la défaite de 1848.
Ce n’est que le début d’une sale guerre où les chasses policières vont s’armer de chiens. À Rouen en 1907, a lieu un de ces tout nouveaux concours. Un siècle plus loin la BAC aboie : « Nous on est des chasseurs, on est pas comme les autres, les autres c’est des soldats. »

HHhH, Laurent Binet , Grasset 440 pages - 20, 90 euros

En 1942, deux parachutistes tchécoslovaques ont tenté d’assassiner Heydrich, bras droit d’Himmler (d’où le titre, acronyme de l’expression allemande : « Heydrich est le cerveau d’Himmler »), un des dirigeants nazis les plus implacables et architecte de la « Solution finale ». À partir de cette histoire dans l’Histoire, Laurent Binet retrace avec une précision presque maniaque leur itinéraire et la chaîne des faits qui ont mené à cet événement. Ce faisant, il livre ses doutes, tâtonnements et hésitations : la fiction ne risque-t-elle pas de trahir la réalité historique ? Est-ce au contraire le meilleur moyen de rendre sensible le passé ? Le résultat est un roman trépidant, car on reconstitue la recherche de l’auteur, obsédé par cet épisode, comme une enquête policière, et intéressant, car il constitue aussi une réflexion sur le rapport au passé et à l’histoire.

Marx, le capitalisme et les crises , Nicolas Beniès , La ville brûle, 144 pages - 13 euros

Ce petit livre montre l’actualité de Marx pour comprendre la crise actuelle, la plus importante pour le capitalisme depuis 1929. La crise économique provoque aussi une crise au niveau des idées et plus que jamais, il y a besoin de boussole. Ce livre souligne que la crise ouverte en août 2007 « prend ses racines dans les mécanismes de l’économie capitaliste ». Il faut revenir aux liens entre rapports sociaux et rapports de production. Beniès, très pédagogique, permet de comprendre que les capitalistes eux-mêmes n’ont pas de solution à leur crise, que la seule « solution capitaliste » est la barbarie. Mais cet ouvrage insiste à juste titre sur le fait que l’analyse de Marx du capitalisme est indissociable de sa lutte anticapitaliste. On ne peut pas séparer le « savant » et le « militant ». Avant d’être un économiste, Marx est un révolutionnaire. Il pense pour agir. Pour comprendre et changer le monde, il est donc indispensable de revenir aux notions de valeur travail et d’échange, d’exploitation, de concurrence, d’aliénation, de lutte des classes. Comme le montre l’auteur, il faut également élaborer une alternative, mais on ne part pas de rien. Il s’agit de redévelopper le projet « socialiste ». Cela ne signifie pas de faire de Marx un dogme, mais de reprendre sa méthode. Ce petit livre s’adresse à tous, qu’ils aient lu Marx ou non. Il est à emporter en vacances avec un livre de Marx, que cet ouvrage vous aura immanquablement donné envie de lire ou relire.

Droites conservatrices, nationales et ultras, dictionnaire 2005-2010 , Jacques Leclercq , L’harmattan, 225 pages - 23 euros

Jacques Leclercq poursuit le travail de cartographie de « la droite de la droite » débuté dans son Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, paru en octobre 2008.
Les notices nous mènent début 2010 et reflètent un contexte dans lequel le FN, loin d’être mort (les élections régionales ont permis de le constater), est confronté, néanmoins, à de multiples crises provoquant licenciements, démissions et scissions auxquelles s’ajoute l’offensive sarkozienne de 2007.
Ainsi, de nouvelles structures ambitionnent d’occuper tout ou partie de l’espace laissé vacant par le « Front familial », certaines le font d’ailleurs en « service commandé » pour l’UMP.
Même si certaines entrées posent question et que les blogs et sites Internet mériteraient un ouvrage à eux seuls (lire le rapport 2009 du MRAP « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme »), le travail de J. Leclercq est digne d’intérêt.

Le très « possible » communisme, Annie Coll, éditions MLD, 109 pages - 13 euros

Lorsqu’Annie Coll, enseignante en philosophie et militante au NPA, entame une lecture croisée de Marx et Arendt, cela donne un ouvrage passionnant.
Cherchant à travers les écrits des deux philosophes à créer l’articulation entre ces deux pensées, Annie Coll nous offre les points d’ancrage et de réflexion pour nous aider à construire un autre monde. S’appuyant à la fois sur les écrits de Marx dont Le Manifeste du Parti communiste est la pierre angulaire, et ceux d’Arendt avec notamment son Essai sur la Révolution, l’auteure met en exergue les analogies, les points de divergences et les prolongements possibles. Depuis leurs siècles respectifs, Arendt et Marx cherchent des issues aux réalités de notre société, en analysant les processus totalitaires pour la première ou les processus d’exploitation et les conditions de travail pour le second. C’est en nourrissant la pensée de Marx des éclairages d’Arendt que l’ouvrage prend tout son sens. Au fil des pages, l’auteure aborde l’émancipation, le travail, l’histoire, la pratique de la politique. Ainsi, leurs réflexions sont confrontées, complétées, nourries.
Arendt nous conduit finalement à Marx quand on comprend que le capitalisme peut être considéré aujourd’hui comme un 3e totalitarisme à combattre pour permettre d’en finir avec cette « pseudo-démocratie à visage libéral ».

La décroissance - 10 questions pour comprendre et en débattre, Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, La Découverte, 236 pages - 15 euros

La décroissance est une idée souvent décriée (utopie, archaïsme, voire danger pour la démocratie). Il faut dire qu’elle remet en question le culte de la croissance, le productivisme et notre mode de vie matérialiste. Vaste programme. Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, universitaires spécialisés sur la question, ont donc réalisé cet ouvrage destiné à expliquer les enjeux de la décroissance, à travers dix angles : de son origine à sa mise en pratique économique et politique, tout en passant en revue les idées reçues qui la qualifient et en fustigeant les fausses réponses du capitalisme vert à la crise climatique.
La démarche des auteurs, en plus d’être honnête (ils reconnaissent leurs divergences sur la nécessité ou non de politiser la décroissance), est pédagogique. Le but est de convaincre le lecteur, pas de l’effrayer en invoquant le retour de la charrette et de la grotte. Les décroissants prônent l’alimentation, le commerce et les transports de proximité, la baisse du temps de travail, remettent en cause les « progrès » scientifiques et techniques comme réponses systématiques aux problèmes du monde, et font un sort à l’hypothèse selon laquelle on pourrait maintenir voire généraliser le mode de vie occidental (voitures individuelles, zones pavillonnaires, etc.) sans condamner la planète.
Citant souvent Marx et sans être dénué de reproches envers la gauche même anticapitaliste, les auteurs livrent un outil très utile pour toutE militantE anticapitaliste qui souhaite renforcer son discours.

L’engrenage. Mémoires d’un trader , Jérôme Kerviel, Flammarion, 268 pages – 19, 90 euros

En juin, les conclusions du procès Kerviel exonéraient totalement le système financier et les banques pour nous faire croire qu’un seul individu, Jérôme Kerviel, était responsable de la perte de 4, 9 milliards d’euros : « un terroriste » selon le PDG de la Société Générale !
Les mémoires du principal accusé montrent une tout autre facette. C’est un voyage passionnant, facile à lire, au cœur d’un des plus grands scandales financiers et dans le monde du trading. Sans dédouaner Kerviel, on comprend comment un jeune diplômé est aspiré par le système et devient en quelques années un mercenaire de la finance.
Même s’il est bien payé, Kerviel n’est qu’un maillon de la machine à profit. La banque transforme les traders en « machines à faire de l’argent ». Pour réussir dans une salle de marché, une seule solution, travailler tout le temps, devenir cynique, ne plus voir les vies en jeu derrière les milliards qui s’échangent en quelques secondes. Le monde qu’il décrit est à vomir, un monde sans aucune morale, alors pourquoi en aurait-il eu plus que les autres ?
Kerviel ou Madoff ne sont pas des « dérives » du système mais bien des produits de la concurrence. Le système financier est en crise et tente de trouver des responsables sans jamais se remettre en cause. On sanctionne un spéculateur pour mieux continuer à spéculer. Kerviel montre comment les dés sont pipés : tous ses collègues et supérieurs qui sont venus « témoigner » au procès ont été licenciés par la banque avec des indemnités de 450 000 à 650 000 euros et des clauses de confidentialité. Résultat du procès en octobre mais pas de surprise à attendre.

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés, Marie Pezé, Champs actuel, 216 pages - 7 euros

Triste reconnaissance que leur doivent les vivants, les suicidés de France-Télécom, sciemment ou non, mais en tout cas du fait de leur nombre, auront contribué à lever la censure entourant ce que le salariat moderne peut avoir d’absolument indigne, dégradant et pathogène. Telle est aussi l’actualité qui a imposé la réédition en format de poche de ce Journal de la consultation « souffrance et travail », dû à une psychologue clinicienne, psychanalyste et fondatrice en 1997, à Nanterre, de ce type de consultation spécialisée. Depuis La fabrique des harceleurs, (2001) jusqu’à Les suicides se multiplient (2008), le récit de Marie Pezé est dans son domaine un nouveau « J’accuse ! »
Ce livre particulièrement « secouant » ne se résume pas. Sa lecture s’impose, notamment pour ce genre de remarque : « Les cliniciens ont cessé aujourd’hui de se focaliser sur le couple pervers narcissique/victime fragile pour revenir sur la maltraitance au travail, érigée en méthode de management, dans un contexte de chômage massif, de peur collective, de perte organisée des solidarités, avec notre consentement à tous. Beaucoup de cynisme érigé en équivalent de courage, de force de caractère. Oui, il y a bien quelques obsessionnels, quelques pervers de caractère, mais surtout trop de servitude volontaire. »
Dans l’avant-propos à cette nouvelle édition, Marie Pezé revient sur le rôle décisif du Harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen, publié en 1998, pour faire reconnaître et endiguer ce type de violence. Ils ne mouraient pas tous… procède évidemment du même esprit, avec des références bibliographiques et 30 pages d’annexes pratiques, ce qui en fait un ouvrage militant de première nécessité, à côté du témoignage accablant qu’il livre sur le monde actuel du travail.

Dictionnaire amoureux de la Palestine , Elias Sanbar , Plon, 481 pages - 24, 50 euros

Ce dictionnaire fait œuvre d’amour pour une terre, dans une nostalgie émouvante, celle d’une enfance déplacée qui aurait dû être celle d’un enfant d’Haïfa, et qui fut après l’expulsion des Palestiniens en 1948, la Nakba d’Elias Sanbar, à Beyrouth puis en France où il devint écrivain et ambassadeur de la Palestine à l’Unesco. Livre généreux parfois optimiste racontant les rencontres avec ces négociateurs israéliens qui pleurent quand il leur explique leur propre inquiétude de disparaître. Et pessimiste, qui s’oblige à rappeler qu’il y a bien eu un peuple vivant sur cette terre de Palestine avant l’avènement de l’État d’Israël. Pour Sanbar, il faut sortir de la question de l’antériorité pour affirmer la présence actuelle d’un peuple à côté de l’État d’Israël.
« Comment ceux qui ont tant souffert peuvent-ils nous faire tant souffrir ? » questionne Sanbar qui raconte la résistance des villages de Ni’lin et Bil’In où chaque semaines des pacifistes israéliens et des habitants manifestent contre le mur, reçoivent des lacrymogènes et reviennent la semaine suivante, avec obstination. En novembre 2009, ils ont fêté la chute du Mur de Berlin en faisant tomber l’un des blocs. Depuis l’écriture de ce livre, ces villages ont été déclarés zones militaires fermées.
Le livre de Sanbar, c’est aussi des recettes de cuisine palestiniennes, l’adoration pour la sauge et la mauve, Al zaytun, des rencontres avec Godard, Genet et l’amitié pour Mahmoud Darwich dont il est le traducteur. « Mais nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir » écrivait Darwich. Sanbar le cultive à merveille.

Les écrivains contre la commune , Paul Lidsky , La découverte/Poche, 210 pages - 9, 50 euros

C’était l’été dernier au bar du village de Saint-Amant-Roche-Savine. Deux soldats de l’Empire déclamaient les vacheries de grands écrivains contre la Commune de 1871. Ils jouaient une adaptation de l’essai passionnant de Paul Lidsky. La troupe de l’Épée de Bois dans une mise en scène d’Antonio Diaz Florián disait remarquablement ces citations anticommunardes. Les écrivains comme Catulle Mendes, Edmond de Goncourt, Georges Sand ou Zola utilisaient tout les artifices contre la canaille, les définissant comme des brigands, usant de métaphores animalières, du vocabulaire de la maladie, de l’envie : « Les uns et les autres ont obéi aux impulsions de leur perversité ; mais la question politique était le dernier de leur souci », glapît Maxime Du Camp. Ce dernier s’en prend particulièrement aux femmes. Si elles se rebellent, c’est que l’orgie n’est pas loin ou qu’elles sont possédées ou malades : « presque toutes les malheureuses qui combattirent pour la Commune étaient ce que l’aliénisme appellent des malades ». La surprise touchera le lecteur à l’étude de Zola dans ses articles dans le Sémaphore de Marseille et des reprises des thèmes anticommunards dans Germinal comme dans La Débâcle. Pour lui, la Commune n’est pas un mouvement politique mais une maladie passagère, une fièvre. Les Communards ne différent en rien des criminels. Il considère Delecluze, Miot ou Rigault comme des fous dangereux. Dans la Cloche, journal hostile à la Commune, il écrit en bon Versaillais… « vous verrez Paris chasser l’émeute et redevenir la grande ville du bon sens et du patriotisme ».
Cette réédition qui sent son professeur de français, a la rigueur d’une copie soulignée en rouge, sans jamais ennuyer. Les postfaces donnent un retour sur la permanence de la Commune dans la culture, avec une comparaison utile avec Mai 68.
Des horreurs sont clamées avec tant de beauté stylistique que l’on rougit de plaisir.


 
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