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[Journal entreprises] École : quand les enfants s'en mêlent... Imprimer Envoyer
Actualité des comités NPA31 - Commission Entreprise
Mardi, 17 Mars 2009 20:19

enfantmobiliseeflouteeLa 2e descente aux flambeaux des collectifs toulousains parents / enseignants du 3 février 2009, le dernier mardi avant les vacances scolaires, a rassemblé 4 000 manifestants sur la place du Capitole, vers 20 heures, après qu'ils furent partis en cinq cortèges convergents de cinq lieux de rassemblement (Jolimont, Les Minimes, Saint-Michel-Marcel Langer, Saint-Cyprien, Camille-Pujol).

 

Sous la bannière de « Sauvons l'Ecole » (large front unitaire de toutes les organisations syndicales enseignantes de l'Education nationale, de la FCPE et des associations complémentaires d'éducation populaire), avec le relais du collectif « Sauvons les RASED » et de cinq collectifs toulousains de parents et d'enseignants affiliés ou non affiliés, et sous les mots d'ordre de « Parents, enseignants, tous ensemble / Contre les réformes Darcos / Pour un service public d'éducation nationale de qualité », dans les cortèges, beaucoup d'enfants (telle celle-ci sur cette photo prise sur la place du Capitole, demandant sur sa pancarte qu'on ne touche pas à son école).

 

Comment en est-on arrivé là ? Comment des enfants, et par centaines, ont-ils pu braver la froidure d'un soir d'hiver entre 19 heures et 21 heures pour accompagner leurs parents et leurs enseignants en défense de l'Ecole publique.

 

La réponse tient en un mot. Xavier Darcos est allé trop loin. En imposant aux élèves de CM2 une « évaluation » de leurs connaissances sur des sujets qu'ils n'avaient pas eu encore l'occasion d'étudier avec leurs maîtres, il a franchi la ligne jaune.

La violence de l'Etat ne passe pas...

Rapportée par La Dépêche du 27 janvier 2009, parmi des centaines d'autres réactions, celle de Saint-Lys, sous le titre « Les parents ont bloqué l'accès des classes aux élèves », donne la mesure du divorce entre la communauté scolaire et le ministère :

 

« Tous les enseignants du primaire de Saint-Lys n'ont fait passer que des évaluations partielles aux élèves de CM2. Ils ont envoyé une lettre à l'inspecteur d'académie : « Nous refusons de faire remonter les résultats de ces évaluations partielles au ministère car nous savons que les résultats ne seront pas bons même si nous avons choisi de leur faire passer des items en français et en maths les moins durs. Nous ne voulons pas de concurrence entre les écoles », a résumé une institutrice vendredi. A 13 h 30, armés de leurs gilets jaunes, une cinquantaine de parents sont venus bloquer l'accès aux classes de CM2 de l'Ayguebelle et du Moulin de la Jalousie pour empêcher les élèves de poursuivre « leurs éval' ». Catherine Renaux de la FCPE a expliqué aux élèves ouvertement les raisons de leur blocus : « Cette méthode d'évaluation n'est pas juste pour vous ni pour vos enseignants. Le ministère parle d'expérimentation pour ces évaluations, mais une expérimentation normalement ne concerne qu'une ou deux écoles alors que là elle concerne toutes les écoles de France ! » Un élève en rang avec ses autres camarades sous le préau confie : « On a bien fait de ne pas les passer entièrement car on n'a pas vu tout le programme de CM2, cela aurait été un échec. Il aurait fallu que ces évaluations se déroulent en juin ! »

 

Des parents qui bloquent pacifiquement l'accès aux salles de classe, une mère de famille qui donne un cours spontané d'instruction civique aux élèves sur leurs droits et ceux de leurs parents à refuser l'arbitraire des gouvernants, des enseignants qui refusent les directives académiques, un élève qui donne une leçon de logique au ministre... Voilà un condensé de l'état de l'extraordinaire mobilisation populaire qui, depuis la rentrée scolaire de septembre, irrigue des centaines d'écoles sur le département de la Haute-Garonne, championne toutes catégories pour ses « Nuits des écoles », « Attachons-nous à l'école maternelle », accrochages de banderoles aux grilles des établissements scolaires et manifestations de masse des 20 novembre, 13 décembre et 17 janvier prolongées par une participation exceptionnelle à la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 29 janvier. Il y a de la révolution dans l'air. La révolution au sens propre du terme, quand ceux d'en bas n'acceptent plus d'être gouvernés comme avant par ceux d'en haut, prennent leurs affaires en mains et font obstacle à la violence étatique des gouvernants.

 

Car il s'agit bien de violence institutionnelle multiforme contre les enfants, pourtant censés être protégés par l'Ecole. C'est une autre enfant, une adolescente de 14 ans, Zoé, collégienne à Marciac dans le Gers, qui en a porté témoignange après la descente d'une brigade canine anti-drogue de la gendarmerie dans son établissement scolaire le 19 novembre 2008. Sa lettre a fait le tour de la planète Internet, crevé les écrans des journaux télévisés et contraint Xavier Darcos, François Fillon et Michèle Alliot-Marie eux-mêmes à faire mine de s'indigner des méthodes « excessives » des autorités locales. Mais ce qu'il en est resté, c'est cette interview invraisemblable de la procureur de la République d'Auch qui a justifié l'intervention policière au motif qu'elle visait à créer une « insécurité positive » pour les élèves (sic !).

 

Le mot a été lâché. Dans la France sarkozyenne, il ne s'agit pas d'un dérapage verbal, il s'agit d'une politique voulue par les autorités : insécuriser les élèves et leurs familles, insécuriser les enseignants.

 

A ceux-ci, le bâton de la répression quand ils refusent d'appliquer la contre-réforme du soutien scolaire indvidualisé, à l'instar d'Alain Refalo, maître des écoles de Colomiers, défenseur inconditionnel de la liberté pédagogique des enseignants, sanctionné de deux jours de retrait de salaire par semaine, et de ses collègues pacifistes désobéissants civils, et la carotte du « travailler plus pour gagner plus », accepter d'effectuer des heures supplémentaires au risque d'une dégradation de la qualité de l'enseignement et des suppressions d'emplois au détriment de milliers de jeunes diplômés.

 

A ceux-là, du moins aux familles qui en ont les moyens, le chemin des officines privées de soutien scolaire et de l'« accompagnement éducatif » payant... allégé d'un dégrèvement fiscal... On ne prête qu'aux riches !

 

Les contre-réformes Darcos : la réduction de la semaine scolaire en primaire à 24 heures d'enseignement en 4 jours, la suppression des RASED, la généralisation du bac pro en 3 ans au lieu de 4, la déscolarisation des enfants de moins de 3 ans de l'école maternelle, la réduction à 30 heures par semaine, au lieu de 32 ou 34, des heures de cours des classes de seconde dans les lycées d'enseignement général, concourent toutes à dégrader les conditions d'étude des élèves et les conditions de travail des personnels de l'Education nationale.

 

On en connaît la raison essentielle : la rage... l'enragement des privatiseurs des services publics qui gouvernent le pays à voir échapper aux actionnaires les 70 milliards d'euros annuels du budget de l'Education nationale. « Tout est à brader », clamait une pancarte le 3 février dernier... Effectivement ! Pour compenser la crevaison de la « bulle immobilière », Sarkozy et son gouvernement s'ingénient à offir aux actionnaires du Medef le magot de la « bulle scolaire ».

Toutes et tous mobilisés de la maternelle à l'université

Effet d'une longue tradition radicale socialiste vieille de deux siècles ou effet de la corne de l'Espagne républicaine fichée en terre toulousaine il y a sept décennies, la mobilisation exceptionnelle des usagers et des personnels de l'enseignement public depuis deux ans en Haute-Garonne remonte certainement à loin.

Ses prochains rendez-vous feront entendre ses exigences : abrogation des contre-réformes Darcos, maintien des RASED, pour un plan d'urgence de recrutement d'enseignants permettant un effectif maximal de 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale et un professeur des écoles surnuméraire par tranche de trois classes pour s'occuper des élèves rencontrant particulièrement des difficultés d'apprentissage.

Les militantes et militants du NPA, parents et enseignants, qui n'ont pas d'autres intérêts que ceux des classes populaires qui vivent de leur travail, seront aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui se battent pour défendre l'Ecole publique. Ils les convient à prolonger leurs actions par une réflexion de fond sur l'Ecole que nous voulons, que nous pouvons bâtir ensemble, une Ecole émancipatrice à l'image du socialisme du XXIe siècle qu'il y a urgence à fonder face à la faillite du capitalisme et aux tentatives sarkozyennes de le « refonder » : lire sur le site du NPA 31 le 4-pages « Ecole Urgence » (document pdf téléchargeable).

Toulouse, le 10 mars 2009

Mise à jour le Mardi, 17 Mars 2009 20:22
 


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