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Tract hebdo : PSA casse les usines et l’emploi Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique nationale
Mercredi, 15 Juin 2011 15:33

En dévoilant une note confidentielle de la direction du constructeur automobile, la CGT a rendu public le projet de suppression de plusieurs milliers d’emplois chez PSA, en Espagne et en France. La fermeture de l’usine d’Aulnay, planifiée pour 2014, signifierait la suppression de 3 500 emplois, et celle de Sevelnord, prévue pour 2017, en liquiderait 28 00. À ces suppressions d’emplois directs il faut ajouter les milliers d’emplois indirects qui disparaîtraient dans ces deux régions déjà touchées dramatiquement par le chômage.

Suppressions d’emplois d’un côté, cadences infernales de l’autre

Depuis des mois, ces usines connaissent suppression d’équipes, transfert de productions, arrêt des investissements, liquidation des emplois d’intérimaires et des CDD. Pourtant, aujourd’hui, les chaînes tournent encore à plein régime. Et si la direction supprime des postes de travail sur certains sites, c’est pour augmenter toujours plus la productivité des autres : travail du week-end à Poissy, équipe de nuit à Rennes, passage de 45 à 55 véhicules/heure à Poissy. La recette est simple : augmenter la productivité en faisant tourner les machines au maximum, faire toujours plus pression sur les équipementiers et si cela ne suffit pas, délocaliser dans les pays où les salaires sont plus bas, les règles sociales plus souples et les contraintes fiscales plus faibles. Cette politique engagée depuis plusieurs années connaît une accélération brutale.

Pourtant PSA a connu des ventes de voitures et des bénéfices records en 2010. Le président du directoire du groupe, Philippe Varin, a quasiment multiplié par trois ses rémunérations en 2010, à 3,25 millions d'euros, les autres membres du directoire doublant les leurs.

L’ensemble de la branche automobile et des régions entières sont concernées par la gigantesque réorganisation de ce secteur. Le seul motif de ces fermetures est la recherche de toujours plus de rentabilité, toujours plus de profits. Pour les patrons et les gouvernements à leur solde, la sortie de crise passe par des attaques généralisées contre l’emploi, les salaires et les conditions de travail.

Ces projets datent de plus d’un an, mais PSA voulait attendre le lendemain des élections de 2012 pour les mettre en œuvre. Ce calendrier montre deux choses : la volonté de la direction de ne pas gêner Sarkozy qui, en 2009, a prêté 3 milliards d’euros au groupe PSA… en échange de l’engagement à ne pas fermer de site de production en France, mais aussi que les patrons ne craignent pas d’un possible gouvernement du PS qu’il s’oppose aux licenciements.

Pas question d’attendre 2017, 2014 ou… 2012 !

S’il faut moins d’heures de travail, la solution ne se trouve ni dans les licenciements ni dans la précarité mais dans le partage du travail entre toutes et tous, la réduction des cadences, la fin du travail posté, de nuit, de week-end… Les salariés de Ford à Bordeaux ont prouvé que, par la lutte, il était possible d'empêcher la fermeture d'une usine.

Ce n’est pas aux salarié-e-s de payer la crise capitaliste, il faut dès maintenant construire la résistance.

Mercredi 15 juin 2011

 


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