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Le double Jeu du Front de Gauche...la suite Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique nationale
Samedi, 20 Juin 2009 16:54

 

Le Double-Jeu du FdG,...on vous avait prévenus !


Depuis ces européennes, un bruit circule au sein de la gauche : L'heure est aux " projets". Trouver un nouveau schéma politique pour la gauche, un nouveau projet, une nouvelle stratégie.

Martine Aubry a interprété la chute de dix points de son parti comme "un appel à un projet". Il faut croire que plus personne n'attend le PS pour l'incarner. Les médias se focalisent sur le score de la liste Europe-Ecologie et l'interprètent comme un appel à une politique écologiste. Les formations traditionnelles, de la majorité comme de l'opposition semblent décidées à se verdir.

On trouve, un peu plus à gauche, Marie-George Buffet appeler à un élargissement  du "Front de Gauche", élargissement au PS et au NPA, pour « faire du "neuf" à gauche »[1].

 

front de gauche buffet meluche

Il faut revenir sur cette campagne pour comprendre les perspectives qui nous sont aujourd’hui présentées. A l'issue du scrutin du 7 juin, on a vu des listes NPA et Front de Gauche arriver pour les premières à 5%, pour les deuxièmes à 6%, au terme d'une rivalité fratricide qui a peut-être contribué au transfert des voix sur la liste de "Dany le Vert". Les deux formations sont conscientes toutes deux du potentiel électoral que représente la "refondation de la gauche" et la campagne de communication intense orchestrée par le Front de Gauche reflète cette importance accordée à la concurrence pour l'appropriation médiatique de ce projet.

 

"Créer du neuf à gauche"...ou relancer le PCF?

 

Il est intéressant de voir la leader du PCF parler de refonder un projet, sur les contenus. Arrivés à 6%, on voit les portes-paroles du Front de Gauche jouer au pari gagné et appeler à l'élargissement d'une alliance d'où émergerait un nouveau projet pour la gauche. On s'allie, on discutera plus tard.

 

Le PS est très affaibli, certes. Mais à l'échelle des autres partis de gauche français, il reste la formation majoritaire. Une alliance avec lui dans l'état de ce rapport de force revient à lui donner les clefs de la définition des termes de l'accord unitaire.

On ne peut vouloir "créer du neuf à gauche" avec un Parti Socialiste aux commandes du processus, surtout lorsque l'on mène une campagne affichant une volonté de faire émerger une nouvelle gauche prétendument "anticapitaliste" (selon les termes de MGB et Jean-Luc Mélenchon). Présenter l'alliance avec le PS comme la suite logique de cette démarche est un contresens coupable, une manière de tuer dans l'œuf la possibilité d'émergence d'un projet réellement novateur, et est surtout le signe du double discours d'une formation dont la réussite a été de relancer (habilement) le Parti Communiste Français et qui semble aller directement dans la direction d'un sauvetage du PS, dans un rapport de force légèrement plus favorable aux « communistes ».

Oyé oyé camarades, le Parti Communiste et le Parti Socialiste feront gagner la gauche, ça vous semble neuf, à vous?

 

Une fois les élections passées, le porte-parole Jean-Luc Mélenchon (à qui le Front de Gauche a été identifié durant la campagne) est rangé au placard et on voit la direction du PCF prendre la parole et s'attribuer les lauriers d'un succès relatif. "Nous les communistes,..." , voilà un discours unitaire.

C'est de ce rassemblement de toute la "gauche"  (le Parti Socialiste y étant pleinement inclus) qu'émergera, selon MGB, ce nouveau projet rassembleur. Projet qui sera issu du rapport de force (favorable, comme vu plus haut, au PS) entre les directions des grandes formations politiques traditionnelles. A la critique faite par notre électorat appelant à moins de questions de personne et de logiques d'appareil, le PCF répond que c'est par cette voie que se développera un projet qui leur correspondra.

 

De surcroit, en prévision des critiques adressées par le NPA sur la nature de cette stratégie, nœud du désaccord entre les deux formations pour les élections européennes, on voit MGB fustiger l’ « attitude » du NPA, en occultant la nature réelle de sa critique et les raisons profondes de son refus d’intégrer le FdG. Le NPA proposait un accord durable (au moins jusqu’au régionales) entre les formations politiques se revendiquant de l’anticapitalisme ou de l’antilibéralisme, dans le but de consolider et de fonder une gauche « de gauche » indépendante du Parti Socialiste et de ses renoncements idéologiques. C’était pourtant le but affiché de la création du Parti de Gauche, et la campagne du Front de Gauche a fait bon usage de cette mascotte et de ce discours.

 

Le NPA a insisté sur la nécessité d’un accord basé sur des contenus, et une stratégie à long terme. Si les logiques politiciennes d’appareil de court terme (faire un« coup électoral » voulu par JLM) ont été effectivement à l’origine de l’échec du processus unitaire, elles n’ont pas été le fait de ce dernier.

Mais si c’est sur les contenus que s’est fondé le départ du NPA, qu’a-t-il donc à proposer ? Il est vrai que l’organisation est jeune et encore en cours de structuration, sa capacité de communication extérieure (par les medias traditionnels) est encore réduite, et la concurrence médiatique du FdG n’a pas facilité sa lisibilité. Il convient de revenir sur la genèse de cette formation dont le grand public ne connaît encore bien souvent que le porte-parole, Olivier Besancenot.

 

Fondé il y a 4 mois à peine, en février 2009, le NPA était avant cela un « processus », qui a duré plus d’un an et demi, processus de débat et de synthèse entre des militants issus d'horizons politiques différents.

En 2007, diverses sensibilités de gauche (de la gauche du Parti socialiste aux libertaires) aspirant à la refonte d'un projet commun correspondant à leurs objectifs avaient commencé à se réunir et à remettre à plat leurs différences, leurs stratégies. Une seule formation politique a été à l'initiative de cette démarche, la LCR, qui a accepté de repenser son programme, ses acquis, son rapport de force interne en invitant des militants issus de cultures politiques différentes, mais également les autres formations politiques de la gauche « de gauche ».

Deux mots d’ordres fondamentaux étaient posés dans cet appel de la LCR, fonder une société au delà du capitalisme, un projet anticapitaliste donc, et construire une formation politique indépendante du Parti Socialiste.

Ce processus a duré près de deux ans. Deux ans où a été dessinée l'ébauche d'une synthèse de ces cultures politiques. On y a fait le lien entre écologistes, internationalistes, feministes, démocrates, altermondialistes, libertaires, communistes au sein d'un projet, construire un "Nouveau Parti Anticapitaliste"  pouvant porter, développer cette synthèse et élargir le processus. En février 2009, La LCR s'est dissoute dans une nouvelle organisation où ses anciens effectifs (3000 personnes) ne représentent plus qu'un tiers de l'effectif total (10000 personnes). Et  ce travail a continué à l'intérieur de ce nouveau parti, qui a choisi de prendre le nom de son processus de fondation, le N P A.

Un parti...l’usage de ce terme rime pour beaucoup avec « querelles de boutique », déconnection entre « base » et « direction », logique politicienne. Les travers de cette forme d’organisation, les risques de développement d’un « entre-soi », de logiques d’appareil ont été un point fort des débats du processus de fondation, et des principes et des modes de fonctionnement originaux ont été développés en réponse.

 Le principe fondamental adopté a été la nécessaire existence du parti dans les luttes, dans la rue, en parallèle de son action institutionnelle dans le jeu politique traditionnel. Cette double inscription, dans le champ social et dans le champ politique est la condition première de la réalisation du projet du NPA, à savoir faire se répercuter les luttes en politique sans le filtrage habituel que constitue la démocratie représentative.

L’abolition du mur entre la société et l’espace du pouvoir politique, à travers cette organisation transversale qu’est le NPA, passe par un mode de fonctionnement interne qui se veut le plus démocratique, avec un principe de rotation des mandats et des équipes de direction, la garantie du pluralisme politique, l’invention d’un nouveau militantisme, de nouveaux rythmes permettant à chacun d’agir sur l’organisation pour qu’elle en reste le reflet.

 Ce projet, cette dynamique sont en marche. Cela prend du temps, les difficultés sont nombreuses, des contradictions peuvent apparaître, mais le processus se poursuit. Les tentatives d’étouffement (médiatique) de ce projet de construction par la base, par des directions politiques affirmant œuvrer en ce sens sont l’expression la plus flagrante du jeu politicien traditionnel, et du double discours d’une formation qui le temps d’une élection flatte les espoirs d’une nouvelle gauche et qui, une fois le scrutin passé nous propose...la gauche plurielle de 1997. Que du neuf.

 

Azzedine



[1] Libération, 10/06/09

Mise à jour le Dimanche, 21 Juin 2009 17:23
 


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