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Dominer, disent-ils. Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique nationale
Mardi, 15 Décembre 2009 03:08

Ce n'est pas qu'on apprend des choses complètement nouvelles et fulgurantes à la vision du film de Patric Jean ; mais au moins celui-ci a t-il valeur d'utile synthèse sur ce qu'il en est du féminisme aujourd'hui, de ses progrès, et aussi de ses ennemis...

Et d'abord, le constat de fait : on a beau dire, et surtout beau le croire, la situation, aujourd'hui, dans les pays occidentaux, des femmes dans leur ensemble, reste inégalitaire de fait. Inégalitaire quant au salaire, inégalitaire quant à la façon dont elle sont perçues en tant que "rôles" sociaux, inégalitaire par mille et un détails du quotidien qu'on ne remarque pas ou plus mais qui composent de fait une réalité sociale incontournable : la domination masculine, même considérablement amendée depuis une trentaine d'années, reste une donnée de fait.

L'intérêt du film étant de nous la donner à voir et de la démontrer par un travail synthétique assez exemplaire dans sa forme - un état d'esprit résumé par une simple image, ou un plan sur un regard - et qui ne cède pourtant pas à l'éparpillement dans son fond, ce qui était possiblement à craindre au vu de l'ampleur du sujet. De ce point de vue, le boulot est impressionnant et le film est à voir pour son évidente dimension pédagogique ; une invitation à la réflexion et au retour sur soi sur certaines "évidences" qu'on croit aller de soi, surtout en étant soi-même homme...

(et celui qui écrit ces lignes a certes conscience de n'être pas le plus en pointe dans ce combat. Oui, merci. On m'accordera au moins la volonté de réfléchir et d'accepter la remise en cause de pas mal de présupposés. Ce n'est pas suffisant ? Sans doute. Mais au moins suis-je dans cette démarche...)

Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'en est pas de même de tous. Loin de là.
Pour un exemple d'homme "ex-violent" - de son propre aveu - présenté dans le film et qui a accompli un chemin assez considérable vers une prise de conscience pas évidente à la base, nous sont montrés également des spécimens de néo-machos old school, dont évidemment la flaque Zemmour, qui constatant l'ambiance de régression généralisé ont décidé que c'était le moment de donner l'assaut à un féminisme accusé de tous les maux, et surtout celui de "féminiser" et "déviriliser" les hommes - sous-entendu : de les transformer en grosses tapettes - et cherchant à remettre en valeur une figure masculine régressive qui cause pas, qui s'interroge pas sur son moi profond, et qui fout des baffes quand on lui coupe la parole. Quelque chose de complètement d'actualité, en somme.

Le summum, si on ose dire de la chose étant les "masculinistes" interviewés dans le film, théorie de freaks assez hallucinants, accusant le féminisme d'être une sorte de fascisme complotant mondialement à castrer les hommes...ces types sont dingues, entendons nous bien : mais leur paranoïa ne pourrait-elle pas constituer une pointe la plus aigüe d'un gros iceberg réactionnaire qui en s'engouffrant dans les replis de l'époque chercherait à grignoter le terrain perdu pour eux ?...au sommet, les Zemmour et autres Soral, mais à la base, tout un ensemble d'hommes plus ou moins paumés par le chamboulement des codes, qui savent ne plus pouvoir se comporter comme le Jean Gabin d'antan, sans pour autant avoir défini de nouveaux modèles de masculinité qui ne passeraient plus par une domination ?

Finalement, c'est toujours la même histoire : quand le camp progressiste recule et que c'est la réaction qui tient le haut du pavé idéologique, ceux qui s'angoissent se tournent vers elle...on aurait donc sans doute tort de ricaner trop vite devant les outrances de certains : ils ne sont peut-être que l'expression visible d'un backlash en cours.

Alors, comme disait Vladimir Illitch Oulianov : que faire ?
Faire machine arrière toute et retrouver les charmes poilus du virilisme vintage qui cause pas ?
Plus tellement d'actualité...
Tous devenir de joyeux métrosexuels fashion qui se mettent de l'anti-cernes et de demandent si leur slim tombe bien sur leurs Converses ?
Peut-être que l'excès en ce domaine n'est pas la solution...

Solution que par ailleurs l'auteur de ces lignes ne prétend nullement apporter ; puisque lui aussi se pose des questions sur ce qu'est être homme, ici, de nos jours. Et je n'ai pas besoin de chercher bien loin des exemples de domination masculine effective et complètement intégrée par tous les protagonistes : je n'ai pas souvenir d'avoir vu une seule fois mon père dans la cuisine familiale. C'était le territoire de ma mère, et ce exclusivement. Et il n'était nullement un gros con pour autant, non plus qu'elle n'était qu'une soumise petite souris craintive. Mais les rôles étaient ainsi installés depuis des temps immémoriaux, et ils reproduisaient ce qu'ils avaient toujours vu et connu, de façon "naturelle"...

Répondre au défi féministe est une sacrée gageure, un combat toujours présent sur le champ social (égalité salariale), symbolique (éducation et parité partout) et des droits (reconnaissance des violences et du droit de choisir) . On peut constater grâce à ce film que les époques de confusion font céder aux sirènes réactionnaires : plus simplistes. Plus faciles. Plus confortables...

Alors ne lâchons toujours rien.

Mise à jour le Mardi, 15 Décembre 2009 03:20
 


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