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Journal de la CILT NPA 31 - Juillet 2009 - Automobile, la fin d'un cycle. Quelles reponses anticapitalistes ? Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique locale
Mercredi, 01 Juillet 2009 21:46
Index de l'article
Journal de la CILT NPA 31 - Juillet 2009
Editorial
Automobile, la fin d'un cycle. Quelles réponses anticapitalistes ?
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Automobile, la fin d’un cycle

Quelles réponses anticapitalistes ? 

 

Molex-1L'article de Jean-Claude Vessillier, « Automobile, la fin d’un cycle », paru dans Inprecor, revue de la IVe Internationale, de janvier février 2009, et dont nous publions ci-dessous l’introduction, montre le séisme qui touche le secteur de l'automobile :

 

« En trente-cinq ans, depuis le premier choc pétrolier, la production mondiale d’automobiles a été multipliée par deux, passant de 33 millions en 1975 à 73 millions en 2007. Dans la plupart des pays capitalistes développés, le mode habituel de la gestion de cette croissance a été celui de crise avec des restructurations entre firmes, des fermetures d’usines et des suppressions d’emploi. L’industrie automobile de la plus ancienne économie capitaliste, l’Angleterre, a été profondément réduite au cours de cette période. Detroit ou Boulogne-Billancourt portent les marques d’usines fermées avec des friches industrielles en plein cœur de ville.

 

La nouvelle crise de l’industrie automobile, qui vient d’exploser en ce deuxième semestre de l’année 2008, est singulière par sa simultanéité sur tous les continents, son ampleur, ses conséquences potentielles sur la force de travail mobilisée dans cette industrie, ses liens avec la fin du pétrole comme énergie abondante et la crise de l’environnement. En ce sens, la crise de l’industrie automobile fournit un effet de loupe sur les manifestations bien réelles de toutes les dimensions de la crise qui ravage aujourd’hui la planète. De la même façon que le premier choc pétrolier de 1973 avait initié un nouveau cycle dans l’histoire de l’industrie automobile, les événements du dernier trimestre 2008 marquent la fin de ce cycle et préfacent une nouvelle période où, au travers de nouvelles crises, c’est bien l’avenir de l’automobile à pétrole et des millions de travailleurs la fabriquant qui est en jeu. […] » (pour lire la suite : http://www.preavis.net/breche-numerique/article1323.html )

 

En Midi-Pyrénées ce sont environ 15 000 salariés qui travaillent pour cette industrie et de fortes secousses se sont déjà produites, à Molex, bien sûr, mais aussi à Continental, Freescale… Le pire est devant nous dans bien des usines : Bosch (Rodez), SAM (Decazeville), où le chômage partiel épongé par les RTT ou des anticipations sur les congés a permis de limiter les pertes de salaires, mais à la rentrée le chômage partiel précédera les licenciements ou les fermetures définitives.

 

Cette crise, qui annonce une mutation profonde de l'automobile, son fonctionnement, son utilité, son utilisation… est une aubaine pour le capital. Comme sur les décombres d'une guerre, de nouvelles usines avec des salariés verront le jour, mais au passage le patronat aura liquidé l'essentiel des acquis sociaux, des capacités de riposte des syndicats. Le problème qui se pose d'ores et déjà est comment on passe d'une usine fabriquant des composants pour un type de voiture qui se fabriquera de moins en moins à une production pour d’autres types de véhicule dont la conception n'est pas complètement achevée.

 

Ce moment est essentiel car il y a en jeu le savoir-faire et les métiers, le chômage, les acquis sociaux, le droit syndical, les liens sociaux, l'histoire collective. Il faut que le passage d'un cycle de production capitaliste, la voiture à essence, à un autre cycle, la voiture écologique et les moyens de transports collectifs non polluants et gratuits, se fasse sans casse pour les travailleuses et travailleurs de ce secteur industriel. C'est aux capitalistes de payer les mutations nécessaires tant sur le plan social que sur le plan écologique.

 

La réponse des patrons de l’automobile à leur crise, c’est un gigantesque gâchis : la liquidation des sites industriels « non profitables ». Avec ses conséquences de souffrances sociales pour des milliers d’hommes et de femmes licenciés et livrés au chômage, d’abord, mais aussi celles de la dispersion sans retour des compétences professionnelles collectives acquises depuis des années dans ces entreprises.

 

La réponse du monde du travail, celle que devraient porter haut et fort les organisations syndicales confédérées et les partis qui se réclament d’une transformation socialiste de la société, est l’exact inverse : la pérennité des sites industriels, leur adaptation écologique aux nouvelles productions, le partage du travail et la garantie du salaire pour toutes et tous – quatre objectifs qui sont au fondement d’une économie durable non-productiviste.

 

freescale-toulouse-1-mai-2009Spontanément, les travailleurs concernés, ceux de la filière du pneumatique surtout, ont montré leur disponibilité pour une telle réponse. Les Conti de Clairoix, en arrachant une « prime de compensation » uniforme de 50 000 euros non imposables pour tous, que l’on ait un an ou vingt ans d’ancienneté dans la boîte, et la continuité du contrat de travail jusqu’à fin 2011, ont ouvert la voie à la bataille générale dans les filières de l’automobile pour la garantie du salaire. C’est le choix de celles et ceux de Freescale, ici, à Toulouse, qui ont voté en AG la revendication d’une prime uniforme de 190 000 euros, qui garantirait à chacun huit années de salaire en moyenne.

 

Et pour leur part, les salariés de Molex se battent pour la « revitalisation » du site, et interpellent le gouvernement pour qu’il rende des comptes sur les 11 milliards d’euros de « plan de relance » de la filière automobile dont ils ne voient pas la couleur. A Villemur, on discute concrètement du maintien de l’emploi pour tous, sédentaires et intérimaires, de reconversion industrielle, d’expropriation des actionnaires et d’une production de proximité répondant aux besoins sociaux. Écouter l’interview de Guy Pavan, délégué syndical CGT, et d’Alexis Antoine, syndicaliste CGT de Molex, sur Radio Mon Païs, et lire l’article de « Sous le rocher » qui la prolonge.

 

Bataille pour la garantie du salaire, comme à Continental et Freescale, et bataille pour la pérennité des sites, comme à Molex et Lear, sont complémentaires. Toutes deux sont dirigées contre les plans de licenciements du patronat. Manque leur unification. En l’absence de volonté des directions syndicales de l’organiser, il appartient aux travailleurs mobilisés eux-mêmes de faire converger leurs luttes. Pour cela, deux perspectives immédiates :

 

1. Sortir de l'isolement en multipliant les rencontres de travailleurs en lutte comme l'ont fait ceux de Continental Clairoix et de Goodyear Amiens, ceux de Molex et de Lear, ceux de Continental Toulouse et de Freescale. Et appeler à une manifestation nationale pour exiger du patronat et du gouvernement l’interdiction des licenciements.

 

2. Élaborer une réponse ouvrière à la crise du secteur de l’automobile. Une réponse concrète qui mette à l’ordre du jour la socialisation de l’outil de travail, sa gestion directe par les travailleurs eux-mêmes ainsi que leur contrôle des fonds publics qui, pour l’heure, ne font qu’alimenter les profits des patrons qui licencient.

 

secrétariat de la CILT du NPA 31,

Toulouse, le 1er juillet 2009,

 

molex-2

 



Mise à jour le Jeudi, 02 Juillet 2009 19:11
 


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