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Grippe A : les propositions du NPA Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique locale
Jeudi, 05 Novembre 2009 16:50

Face au virus H1N1 :

un système de santé « grippé » par les « réformes »


Le 23 octobre dernier, le comité Santé-Sécu-Social du NPA 31 organisait une « Tchatche » « Face au virus H1N1 : un système de santé grippé par les réformes », ou « L'anxiété est un marché et c'est aussi une politique ». Marie-Pierre Lesur nous a fait parvenir le rapport introductif qu’elle y a fait. Nous le reproduisons ci-dessous. Bonne lecture.

Contre l'arrivée du virus de la grippe A, le gouvernement décrète la « mobilisation générale » : conférences de presse, spots télévisés, « plans blancs » dans les hôpitaux, « plans de continuité d'activité » dans les entreprises, commande de 94 millions de doses de vaccins pour vacciner environ les trois quarts des français, commande qui coûte 1 à 1,4 milliard d'euros d'après la presse mais sans aucune transparence réelle. En même temps il accélère la fermeture de services et d'établissements hospitaliers, augmente le nombre de médicaments déremboursés dont le paracétamol, augmente le forfait hospitalier de 2 euros.

On est vraiment en droit de se demander s'il n'en fait pas trop contre un virus qui ne semble pas plus virulent que celui d'une grippe saisonnière.

Compte tenu de la faible gravité de la maladie dans la grande majorité des cas, cette attitude pose d'autant plus de problème que le vaccin a été fabriqué à la hâte, avec peu d'essais préalables en y ajoutant des « adjuvants » présentant un risque sérieux (produits ajoutés à un autre pour en renforcer l'action, ils peuvent provoquer des paralysies évolutives). La ministre de la santé s'échine à faire la promotion des adjuvants en précisant que l'immunité avec adjuvants est meilleure d'après les meilleurs épidémiologistes, dit-elle, mais elle ajoute que « par mesure de précaution, en attendant que toutes les procédures de vérifications soient faites, il sera proposé aux femmes enceintes et aux personnes immuno-déprimées des vaccins sans adjuvant ». En Allemagne, il y a eu un scandale dénoncé par la presse : les membres du gouvernement devaient bénéficier du vaccin sans adjuvant, au même titre que les femmes enceintes, les enfants...

Finalement, le « principe de précaution », c'est celui :
– des hommes politiques qui ne veulent pas être accusés de n'avoir rien fait,
– des patrons qui tiennent, avant tout, à ce que les entreprises tournent grippe ou pas,
– des laboratoires pharmaceutiques qui empochent des profits records mais qui, au préalable, ont exigé et obtenu de ne pas avoir à indemniser les victimes en cas d'accident de vaccination.

Le reportage sur Arte, dont le titre est bien parlant : « A qui profite l'angoisse », tend à démontrer qu'on provoque une psychose pour le bénéfice de l'industrie pharmaceutique. Comme par hasard l'OMS invite des représentants de gros laboratoires à chaque réunion, en tant qu'experts. Pour le groupe Roche, fabricant du Tamiflu qui ne se vendait plus, l'arrivée du virus tombe à pic : 1er trimestre 2009 : hausse des ventes de ce médicament : 203 % ! Et puis, il faut savoir qu'avant de travailler à l'OMS, beaucoup ont travaillé dans l'industrie pharmaceutique et veille naturellement à ce que les décisions servent aux grands laboratoires. Même les virologues pensent que la grippe se propage très vite certes mais reconnaissent qu'à l'échelon de l'individu, la probabilité d'en mourir tourne autour de 0,1 %, taux extrêmement faible. Et aucune industrie pharmaceutique n'aurait pu espérer ces bénéfices temporaires sans cette pandémie ! Alors qu'il y a de vraies urgences sanitaires mondiales comme le sida ou le paludisme, les labos privés de la vaccination concentrent leurs recherches sur des vaccins au bénéfice sanitaire incertain mais aux bénéfices financiers assurés. L’interpénétration entre la politique et l'industrie pharmaceutique existe partout dans le monde, même en France. Roselyne Bachelot, avant sa carrière politique, a passé plus de dix ans au service de l'industrie pharmaceutique, notamment comme chargée des relations publiques d'un grand groupe. La directrice de l'Institut Pasteur, co-financé par l'Etat, siège en tant qu'expert au conseil d’administration du LEM, syndicat pour l'industrie pharmaceutique. Cela devrait être interdit. Stimuler l'industrie pharmaceutique (corruption, administration influencée, escroquerie, études médicales falsifiées, risques niés) est manifestement plus important que la protection de la santé.

De plus, la vaccination systématique vise à maintenir à tout prix la « France au travail » et à éviter de solliciter un système de santé déjà vraiment mis à mal par les réformes contre l'hôpital public. L'épidémie de grippe va démontrer les conséquences des fermetures de lits, de services et d'hôpitaux, du manque de personnel hospitalier : lits saturés et personnel soignant travaillant à flux tendu. L'hôpital ne pourra faire face à un afflux supplémentaire de malades dû aux complications de la grippe au moment même où une partie du personnel sera aussi concerné par la grippe, même si le virus n'est pas très virulent. Faire plus avec des effectifs réduits, c'est mission impossible ; sans oublier les urgences qui seront débordées parce qu'avec les politiques de déremboursements de médicaments, de franchises et autres restes à charge, une partie de plus en plus importante de la population se tourne vers les urgences de l'hôpital pour pouvoir être soignée.

En fait, la préoccupation du gouvernement n'est pas la santé de la population mais le bon fonctionnement d'une société fondée sur le profit d'une part. D'autre part, il dramatise l'épidémie pour faire accepter au nom de l'urgence la remise en cause des droits sociaux, du code du travail.

Le gouvernement français joue les gros bras mais, en fait, la dramatisation de l'épidémie de grippe est loin d'être innocente :

– Elle permet de faire un peu oublier l'autre épidémie qui est celle des suppressions d'emplois, de fermetures d'entreprises, contre laquelle il faut reconnaître que le pouvoir se montre beaucoup moins mobilisé.

– Elle va servir à accélérer la privatisation du système de santé en transférant les activités lucratives vers les cliniques : les « plans blancs » prévoient en effet la suppression d'activités hospitalières programmées pour faire face à la pandémie. Ces activités programmées (les plus lucratives) pourront être reprises par les cliniques privées qui, elles, sont dispensées des « plans blancs ».

– Sous couvert du « maintien de l'activité » pendant l'épidémie, le gouvernement veut imposer de nouvelles attaques contre le droit du travail et davantage de « flexibilité ». Effectivement, une circulaire du ministère du travail du 3 juillet dernier permet pendant l'épidémie d'augmenter le volume horaire « par décision unilatérale de l'employeur »« le refus du salarié constitue une faute pouvant justifier le licenciement », « allongement de la durée quotidienne de travail au-delà de la limite de 10 heures » : tout est prévu pour la continuité des profits mais rien n'est réellement dit pour la santé des travailleurs.

Nos réponses et propositions :

– Plan de vaccination ciblée, sur les personnes présentant des risques, avec liberté de vaccination pour chacun, avec des vaccins sans adjuvant, et consentement éclairé : non pas les 2 minutes par vaccination prévue par Roselyne Bachelot mais au contraire avec explication claire afin que chacun puisse prendre sa décision en toute connaissance de cause.

– Gratuité pour tous des consultations médicales, séjours hospitaliers, médicaments, avec suppression du forfait hospitalier et des franchises médicales.

– Maintien des garanties statutaires et collectives (horaires, repos, congés).

– Attribution de congés exceptionnels pour garder les enfants en cas de fermetures d'établissements scolaires et de crèches (et non pas sur ses propres congés ou RTT).

– Maintien intégral du salaire pendant toute la période d'arrêt maladie.

– Suspension de toute fermeture ou de toute restructuration hospitalière et réquisition des cliniques privées : l'ensemble des établissements publics et privés doit répondre aux besoins face à l'épidémie.

– Attribution de moyens financiers nécessaires aux hôpitaux pour faire face à leur surcroît d'activité.

– Retrait de la loi Bachelot (passer de 1 035 hôpitaux à 300 « communautés hospitalières de territoire », « plan de retour à l'équilibre »…) pour un service public de santé solidaire et de proximité.

– Suppression du système des brevets pharmaceutiques qui doivent être la propriété intellectuelle publique.

– Enfin, dernier point : grippe porcine, grippe aviaire... tout cela doit nous alerter sur la question de la perte rapide et majeure de la biodiversité, sur l'agrobusiness et sur la concentration capitaliste dans l'agriculture : nous revendiquons la défense de la biodiversité et de l'agriculture paysanne de proximité.

Face à cette crise provoquée par la « grippe capitaliste » (pour faire court), il y a bien une urgence sanitaire, sociale et écosocialiste.

Pièce-jointe:
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Mise à jour le Jeudi, 05 Novembre 2009 17:40
 


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