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Continental Toulouse-Foix-Boussens: «Pépé» est tombé à l’eau Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique locale
Mercredi, 03 Novembre 2010 19:35

Avec sa consultation-bidon du 13 septembre sur son plan de réduction de 8 % de la masse salariale – d’abord appelé plan « Pépé » pour « productivité-pérennité », puis plan de « maintien de l’emploi » – la direction de Continental a subi un échec : entre les « non » et les refus de vote, c’est 57 % du personnel qui a rejeté ce plan.

Depuis, elle fait le forcing pour tenter de faire renoncer les deux syndicats majoritaires, CGT et CFDT, à s’opposer à l’accord signé par les syndicats minoritaires. Elle a annoncé aux élus des salariés, puis dans la presse que si le plan n’était pas signé, 1 000 emplois étaient menacés (500 à Foix, 200 à Boussens, soit la totalité des deux sites, et 300 à Toulouse sur 1 800).

Vendredi 8 octobre, elle a carrément organisé la perturbation d’une assemblée du personnel appelée par la CGT et la CFDT pour rendre compte du comité d’entreprise extraordinaire convoquée par la direction le matin même. Deux cents cadres dirigeants, ayant hélas entraîné certains de leurs subordonnés, se sont mis à hurler quand les responsables syndicaux prenaient la parole… Depuis, ils font circuler une pétition réclamant la démission des syndicalistes opposés au plan « Pépé » et l’organisation d’élections professionnelles anticipées… Ainsi va la « démocratie » patronale à Continental… une minorité veut imposer ses choix à la majorité.

Incapable de parvenir à ses fins, la direction a sollicité l’aide des pouvoirs publics, réclamant une « médiation pour le maintien de l’emploi à Continental ». Nommé par le préfet, le médiateur, Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique et social de Midi-Pyrénées, multiplie les réunions en préfecture, prétendant « reprendre le chemin de la négociation après le mauvais climat social », mais sans jamais dénoncer les pressions sur les syndicalistes fomentées par la direction, qui est la seule responsable de ce « mauvais climat social ».

Les deux réunions de « médiation » des 14 et 22 octobre se sont soldées par un nouvel échec pour la direction : la CGT et la CFDT confirmant leur opposition à l’accord, Olivier Grimoux, pour la CGT, et Sami Hamida, pour la CFDT, dénonçant toujours le « chantage à l’emploi » des patrons des trois sites midi-pyrénéens qui prétendent réduire la masse salariale quand ils ont réalisé 39 millions d’euros de bénéfice en 2009.

Imperturbable, Jean-Louis Chauzy convoque une troisième réunion pour le mardi 2 novembre et « s'il le fallait, […] une quatrième lundi 8 novembre ». On se demande bien pourquoi… Jouerait-il sur son passé d’ancien dirigeant aveyronnais de la CFDT dans les années 1980 pour convaincre les syndicalistes de Continental de céder… ?

Il n’y a guère de risque qu’une telle « médiation » aboutisse quand l’exemple de la résistance au chantage est venue d’Allemagne, de Continental Regensburg (6 000 salariés), où, le 10 octobre, consultés par un référendum syndical – parfaitement démocratique celui-là –, les deux tiers des adhérents d’IG Metall ont refusé le plan de la direction locale qui prévoyait une semaine de travail de 37 heures payées 35 de 2011 à 2013, 36 heures payées 35 de 2014 à 2016 (http://www.igmetall-conti-schaeffler.de/Ansicht.81+M56b845a79dc.0.html).

Toulouse, le 2 novembre 2010

 


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