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Palestine : un article de Michel Warschawski (Alternative Information Center, Jérusalem) Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique internationale
Dimanche, 28 Décembre 2008 20:15
« La mort d’une victime israélienne justifie l’assassinat de cent Palestiniens. Une vie israélienne vaut cent vies palestiniennes. C’est ce que répètent plus ou moins inconsciemment — avec questionnement marginal — l’État d’Israël et le monde des médias. Et cette prétention, qui a accompagné et justifié la plus longue occupation de territoires étrangers dans l’histoire européenne du XXe siècle, est viscéralement raciste. Que les Juifs acceptent cela, que le monde y concoure, que les Palestiniens le subissent — c’est l’une des ironiques farces de l’histoire.
Pas de quoi en rire, nulle part… »

John Berger, écrivain britannique

Alors que le monde entier est sous le choc des horribles images télévisées de Gaza, l’opinion publique israélienne supporte massivement l’offensive sanglante de Barak et Olmert [ministre de la défense et premier ministre du gouvernement israélien]. Y inclus, l’opposition de gauche parlementaire, le Meretz. Bien que son chef à la Knesset, Haim Oron, ait exprimé sa préoccupation des victimes civiles, dans une interview à la télévision israélienne il a repris l’argument de propagande officiel blâmant le Hamas pour le carnage. Ainsi a été répété un discours mystificateur par nombre des dirigeants du monde occidental, le ministre français des affaires étrangères [Bernard Kouchner] devançant même la secrétaire d’État étatsunienne, Condoleezza Rice. Mais les faits sont têtus :

• Gaza a été ciblé par l’armée israélienne depuis la victoire électorale du Hamas [janvier 2006], et l’état de siège imposé à plus d’un million et demi de civils — par Israël, mais aussi par l’ainsi nommé « communauté internationale » — est en lui-même un acte de violence et un crime de guerre ;

• Les roquettes tirées sur les villes israéliennes étaient une réplique à des agressions militaires israéliennes antérieures, et ne l’ont PAS été par le Hamas, mais par la petite organisation du Djihad islamique ;

• L’attaque contre Gaza est partie intégrante de la sainte guerre néo-conservatrice contre le monde islamique, et l’administration néo-conservatrice étatsunienne sortante, de même que l’Égypte et les autres régimes arabes réactionnaires, ont poussé les autorités israéliennes à lancer leur offensive avant l’entrée d’Obama à la Maison blanche ;

• L’intention déclarée de Barak Obama d’ouvrir des pourparlers avec la République islamique d’Iran est l’une des principales préoccupations des administrations sortantes de Tel Aviv et de Washington, et l’offensive contre Gaza est une tentative pour provoquer une réaction iranienne qui autoriserait une riposte israélo-étatsunienne. Ces derniers jours, le vice-ministre israélien de la défense, Efraïm Sneh, a systématiquement corrélé les roquettes du Hamas (sic) avec l’Iran, hors de toute évidence, naturellement.

Une telle stratégie globale, fondée sur la mystification d’un « choc des civilisations » et d’une guerre mondiale contre l’Islam, est partagée par tous les partis politiques sionistes israéliens, ce qui explique le soutien du Meretz à l’agression en cours.

Bien que personne ne s’attende à un changement rapide de la politique étatsunienne en Asie occidentale, les dirigeants israéliens et leurs soutiens néo-conservateurs à Washington sont néanmoins préoccupés par le changement dans l’administration étatsunienne, et craignent qu’une nouvelle stratégie puisse rompre avec la « guerre mondiale, préventive et sans limite ». L’attaque contre Gaza est une tentative de « dernière minute » de changer le rapport des forces au Moyen-Orient, avant la fin de l’ère néo-conservatrice.

Et, avant de conclure, n’oublions pas l’obscène dimension : les centaines de victimes des bombardements israéliens sont les victimes collatérales de la campagne électorale israélienne ; dans le dessein d’accroître leur soutien populaire avant les élections qui viennent, tous les dirigeants israéliens rivalisent à qui est le plus dur et qui est prêt à tuer le plus. Ehud Barak, pourtant, a la mémoire courte, et Shimon Peres peut se souvenir que ce calcul cynique n’est pas nécessairement le bon : le massacre de Cana [avril 1996], qui était supposé apporter la victoire à Shimon Peres, amena des centaines de milliers de citoyens palestiniens d’Israël à tourner le dos au Parti travailliste. Malgré sa brutalité, toutefois, Ehud Barak reste l’un des plus impopulaires dirigeants de la scène politique israélienne, et les milliers de manifestants qui ont afflué hier, bien que sans alerte préalable, pour protester contre le massacre, pourrait indiquer que tous ceux qui sont derrière lui, y compris le Meretz, ne recevront pas leurs votes. Il est prévisible que l’indignation internationale et le relativement large sentiment anti-guerre parmi ses électeurs pousseront, une fois encore, le Meretz à réviser sa position. Ils se souviendront, alors, de cette vieille vérité que les électeurs préfèrent toujours l’original : si le Meretz endosse la stratégie guerrière et les mensonges de Netanyahou, les électeurs préféreront voter pour Netanyahou plutôt que pour sa pâle et insipide copie.

Michel Warschawski, Alternative Information Center,
Jérusalem, dimanche 28 décembre 2008
Mise à jour le Dimanche, 28 Décembre 2008 21:59
 


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