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Déclaration de Azmi Bishara sur Gaza Imprimer Envoyer
Actualité politique - Actualité politique internationale
Dimanche, 04 Janvier 2009 18:50
Déclaration sur la situation à Gaza

 

Dans une escalade des attaques en cours contre les Palestiniens de la Bande de Gaza, les forces terrestres israéliennes sont entrées dans la Bande de Gaza le soir du 3 janvier 2009.

Il y a continuité entre le Siège et les attaques militaires en cours à Gaza. Les deux sont des agressions de la part d’Israël. Alors que le Siège paralysant a échoué à écraser la résistance des Gazaouis, Israël a décidé d’atteindre ses buts à travers une opération militaire.


Il était évident depuis le début de l’ainsi nommé « arrangement tacite » [« truce »] qu’une opération militaire allait suivre. L’« arrangement tacite », en fait, était une agression passée sous silence — une agression qui réclamait seulement des Palestiniens qu’ils se tiennent tranquilles et obéissent à l’« arrangement tacite ». Évident aussi que ces attaques viendraient comme partie d’une compétition sanglante des partis politiques israéliens pour gagner les cœurs des électeurs, dont la dignité a été blessée au Liban.

Il était clair que le parti [le Hamas] qui avait refusé d’être présent aux négociations du Caire, de reconnaître la victoire du Siège et d’accepter ses résultats politiques, en paierait le prix. Ce fut le dernier prétexte pour blâmer le Hamas de ne pas accepter les conditions d’Israël.

C’est la même chose que l’avertissement à Yasser Arafat quand il refusa l’« offre » de Barak à Camp David, que ceux à la Syrie après la guerre en Irak et au Hezbollah avant la guerre en juin 2006.

Les préparatifs de l’attaque sur Gaza sont venus après une coordination politique et sécuritaire avec certaines forces arabes et palestiniennes qui, à tout le moins, ont été informées de l’opération. L’étendue de leur implication a dépendu du niveau de leurs relations avec Israël.

L’attitude de forces arabes vis-à-vis d’Israël est fondée sur des alliances en cours et/ou souhaitées de telle sorte que toute discussion ou contradiction avec Israël devient une simple incompréhension entre amis. Ainsi, ces mêmes forces arabes entrent en contradiction avec les mouvements de résistance palestiniens et arabes.

Il n’y a pas de contradiction entre le soutien de régimes arabes aux attaques et leurs condamnations officielles. Comme ce fut souvent le cas, ces condamnations sont concertées avec Israël. Cela donne quelque chose comme ceci : « Nous comprenons votre offensive et sommes d’accord que le Hamas est responsable. Mais vous devez nous comprendre quand nous sommes sous la pression pour condamner. Ainsi pouvons-nous vous demander un cessez-le-feu, mais ne prenez pas notre demande au sérieux. Essayez de finir votre mission rapidement, sinon nous n’aurons pas d’autre choix que de vous demander de la stopper sérieusement.

Les régimes qui sont en train d’essayer d’ajourner un Sommet arabe veulent attendre jusqu’à ce qu’Israël ait achevé sa mission, parce qu’ils savent que, s’ils se rendent au Sommet alors qu’ils soutiennent Israël, ils perdront le soutien du monde arabe.

Certains régimes arabes ont décidé qu’Israël n’est pas leur ennemi, ou même que c’est un allié, et ont établi des accords avec Israël. Ce sont ces mêmes régimes qui soutiennent les faux « processus de paix », et qui disent : « Nous ne voulons pas être plus palestiniens que les Palestiniens. » Résultat du scellement de ces relations, la résistance contre Israël dans ces pays est devenue une résistance populaire, souvent soutenue par d’autres régimes arabes pour des raisons tactiques ou stratégiques.

Les régimes qui ont cherché des accords avec Israël ont fait obstacle à la résistance populaire dans leurs pays, mais n’ont pas été capables d’attaquer les mouvements de résistance dans les autres pays. La résistance a continué partout où le rôle de l’État central est faible et où manque la capacité de la réprimer, comme sous l’Autorité palestinienne, au Liban ou en Irak.

Les régimes arabes qui s’opposent à la résistance comptent sur Israël pour protéger leurs intérêts. En 1982, ils ont gardé le silence pendant l’agression contre l’OLP au Liban, et ont essayé d’en ramasser les bénéfices après qu’elle fut achevée. Ce fut le même cas lorsque Israël encercla le quartier général palestinien de la Muqata à Ramallah. Mais, en juin 2006 et décembre 2008, la coordination entre Israël et les régimes arabes est publique. C’est nouveau.

Le monde — l’opinion publique internationale — est une conception mirage dans les pensées de nombreux régimes arabes. Qu’auraient fait, par exemple, l’ONU ou l’Union européenne pour aider le Hezbollah s’il avait échoué à se protéger lui-même lors de la guerre de 2006 ? Et s’il avait échoué, les ainsi nommés « modérés » régimes arabes auraient été heureux de profiter de la victoire israélienne. Mais cette victoire n’a pas eu lieu.

La crédibilité du mot d’ordre de démocratie à l’agenda de l’Occident a rendu son dernier souffle dans le monde arabe. Les États-Unis ne traitent avec aucun ennemi d’Israël, y compris ceux qui sont juste contre l’occupation, même s’ils ont été élus par la voie démocratique ; mais traitent avec les alliés d’Israël, étant ainsi des « alliés américains », même si ce sont des dictatures.

Le Siège contre l’Autorité palestinienne élue en 2006 a débuté sans laisser au gouvernement élu l’opportunité de commencer, si peu que ce fût, son travail. De nombreux pays européens élevèrent les conditions et diktats israéliens au-dessus du vote démocratique, révélant ainsi les faussetés du discours européen sur la morale et la politique. Cela établi, les régimes européens pourraient être les derniers à parler de morale au-delà de leurs frontières.

Le « monde » ne sera pas solidaire de la victime juste parce qu’elle est la victime, ni ne sortira de sa voie de nommer à des positions de pouvoir des personnes battues aux élections, ni ne garantira ses droits au peuple, ni ne travaillera à instaurer les lois internationales. Le monde sera solidaire de la victime seulement si elle résiste. Les lois internationales aideront ceux qui luttent pour leurs droits.

Les choses les plus importantes sont la fermeté sur le terrain, la mise en évidence de la responsabilité des agresseurs, et les forcer à payer le prix de leurs actions. Ce sont les seules choses qui apporteront du poids au Sommet arabe et au sein des autres organisations internationales.

La « solidarité humanitaire » avec la victime ne vise pas rétablir ses droits mais à lui porter secours. Il n’y a pas de sens à la solidarité politique arabe si elle ne signifie pas un soutien à la résistance. Les secours sont importants, mais ce n’est pas la solidarité.

Il est erroné de parler de solidarité palestinienne, de Cisjordanie ou de la Diaspora avec Gaza. Tous les Palestiniens mènent la même bataille et aucun n’accorde ses faveurs à l’autre. C’est leur devoir en tant que palestiniens.

L’ennemi aussi fournit une aide humanitaire. Ce n’est pas de la solidarité.

La solidarité arabe ne doit pas être utilisée superficiellement pourcalmer la colère de la « rue arabe ». Cela aide seulement Israël à poursuivre ses attaques. La mobilisation de la rue arabe doit avoir des buts très clairs. Le principal : contraindre Israël à perdre la bataille politique. Ce qui sera atteint en faisant pression sur les régimes arabes qui veulent poursuivre leurs relations pacifiques avec Israël. Ce qui requiert par conséquent une escalade dans la lutte, en résultat de quoi Israël sera forcé de désescalader et d’affaiblir ses alliances dans le monde arabe.

L’agression israélienne à Gaza peut être défaite.

 

Azmi Bishara, 4 janvier 2009
(député du Balad à la Knesset, démissionnaire en 2007 après avoir été accusé par les autorités israéliennes de collaboration avec le Hezbollah libanais pendant la guerre des 33-Jours de l’été 2006)


traduit de la version anglaise sur le site de Alternative Information Center
http://www.alternativenews.org/news/english/statement-on-the-gaza-situation-20090104.html

Mise à jour le Dimanche, 04 Janvier 2009 18:53
 


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