NPA Haute-Garonne
  • Annulation d’une projection sur la Palestine à Borderouge : quand la mairie s’emmêle

    17 octobre 2023

    La mairie de Toulouse a fait annuler ce lundi 16 octobre la projection d’un film sur la Palestine alors que son intervenante, Mariam Abudaqa - une militante palestinienne reconnue, était arrêtée à Marseille sur ordre de Darmanin. Une décision absurde qui confirme la volonté du gouvernement de diaboliser l’ensemble des palestiniens et leurs soutiens.

    La projection d’un film sur la Palestine a été annulée à la dernière minute ce lundi 16 octobre suite aux pressions de Moudenc sur l’Utopia Borderouge, qui devait accueillir l’événement. Cette annulation brutale fait suite à l’arrestation et l’assignation à résidence ce même jour de Mariam Abudaqa, militante palestinienne qui devait y intervenir.

    Mariam Abudaqa, 72 ans, philosophe, militante du FPLP et militante du droit des femmes à Gaza, a également vu annulée son intervention à l’Assemblée Nationale, très officiellement prévue le 9 novembre, à l’invitation de la FI. Qu’à t elle fait pour mériter une telle disgrâce ?

    Les prétextes invoqués par le ministère de l’Intérieur à son arrestation n’offrent aucune réponse : sont invoqués en vrac l’attaque du Hamas, les "violents affrontements toujours en cours à Gaza", et des prises de position en faveur de Georges Ibrahim Abdallah. De quoi apparemment justifier l’annulation de tous ses événements en France.

    Quant à son invitation à l’Assemblée, elle a été annulée à la demande... du Rassemblement National, dont le député Franck Allisio a invoqué l’attaque du Hamas en la qualifiant de "plus terrible massacre depuis la seconde guerre mondiale" pour Israël.

    L’intéressée appréciera, elle qui dit avoir perdu des membres de sa famille depuis le début des bombardements sur Gaza. Assignée à résidence dans un hôtel du centre-ville, elle ne comprend pas : "je suis venu ici légalement, des amis m’ont invité à intervenir pour parler des femmes et des droits de l’homme". Ce qui est peut-être ce que craignait le plus le RN...

    Sa participation à des manifestations interdites est également invoquée, comme son appartenance au FPLP. Pour rappel, la participation à une manifestation interdite n’est pas (encore) un délit en France, quoi que peuvent en dire certains agents de police par trop zélés. Le soucis de Darmanin de ne pas "attiser les tensions" s’accorde mal avec la rhétorique manichéenne assimilant tout palestinien.ne à un.e terroriste.

    Quel que soit l’angle sous lequel on aborde ce qui s’est passé ce lundi, on peine à y trouver le sens. L’absurdité des motifs invoqués est à la hauteur du parti pris du pouvoir en défense inconditionnelle de l’Etat d’Israël. C’est ce soutien qui explique la lourdeur de l’appareil répressif à l’encontre d’une militante progressiste. C’est une nouvelle étape franchie dans la criminalisation, non seulement du mouvement palestinien, mais aussi des luttes militantes en France au sens large.