"/>
NPA Haute-Garonne
  • Val Tolosa : Un nouveau Grand Projet Inutile en Haute-Garonne

    Mentionné dans le journal le Monde dans une liste de 25 « projets inutiles », Val Tolosa fait parti de ces projets inutiles pour les populations et qui nuisent à l’environnement, destructeurs de terres agricoles et naturelles, de forêts, qui permettent aux capitalistes de s’assurer des profits énormes, en prenant l’argent public par le biais de partenariat public privé.

    Il s’agirait d’un méga centre commercial à Plaisance du Touch, à 12 Km de Toulouse. Ce serait 44 hectares de terrains naturels détruits, 115.000 m² de bétonnage, 90.000 m² de commerces, un hypermarché de 12.000 m², une galerie marchande de 150 moyennes surfaces, 6.000 m² de restauration, plus de 4.000 places de parking, 2.000 arbres plantés annoncés mais la destruction d’un bois complet de 2 hectares.

    Le promoteur, Unibail Rodamco, société foncière du CAC 40, a investi 350 millions d’euros pour ce qu’il appelle un « pôle shopping et loisirs tourné vers la nature » ! Il avance l’argument des emplois créés, 1.600 équivalents temps plein, mais il s’agira en fait de 2.000 temps partiels dont 700 pendant la construction alors qu’on sait que sur les emplois créés par la grande distribution, beaucoup seront détruits dans les 5 ans suivants (création de drive, hausse des achats sur internet, informatisation des caisses).

    Ce projet soulève la question des emplois que l’on veut pour demain. Des emplois précaires ? La création d’un énième supermarché contre la fermeture massive des petits commerces en centre-ville ? Surtout que la périphérie de Toulouse regorge de centres commerciaux (l’agglomération est même au-dessus de la moyenne nationale) et que la tendance générale, au niveau national, est à la baisse de leur fréquentation depuis plusieurs années.

    Le collectif Gardarem la Menuda se bat depuis une dizaine d’années contre ce chantier. Ces opposantEs proposent un projet de développement durable. Il y a d’autres alternatives. Il ne s’agit pas seulement de lutter contre le capitalisme et de dénoncer ce système, il s’agit de réfléchir à un autre monde, à une autre façon de produire, de consommer, de vivre.

    Bien entendu, comme dans tous les grands projets nuisibles et imposés, il s’agit d’un financement public par le Conseil Départemental pour des intérêts privés et de travaux qui commencent avant l’épuisement des recours !

    Deux décisions défavorables au « centre de loisirs et de shopping » ont déjà été rendues par la justice : en juin 2016, contre le 1er permis de construire et en août 2016, contre l’arrêté préfectoral qui autorisait la destruction des espèces protégées. La situation juridique du dossier Val Tolosa est loin d’être en faveur des promoteurs du projet. Après l’annulation du permis de construire, aucune des autres autorisations administratives n’est à ce jour définitivement acquise.

    Nous avons affaire à un mépris total des décisions de justice et à une volonté délibérée de passage en force. Le chantier a donc commencé !

    Celui-ci nécessite de nouvelles infrastructures : fermeture de 2 routes départementales pour en créer une autre car aucun transport en commun n’est prévu pour se rendre à Val Tolosa ! Une des conséquences : trafic de 20.000 voitures par jour, nuisances atmosphériques, sonores et paysagères ! C’est donc l’aménagement pour les travaux de cette route que les opposantEs ont bloqué les lundi et mardi 3 et 4 octobre, sur le site de la Ménude.

    Puis durant les 10 jours qui suivirent, ils-elles se heurtèrent à une milice privée. La société Guintoli (conduisant les travaux) a embauché des hommes de sécurité, non habilités pour cela, des précaires appelés à la hâte, de plus en plus nombreux (10 le premier jour, puis 14, puis 20), pour évacuer par la force les manifestantEs. Pacifistes et déterminéEs, les opposantEs se sont couchéEs devant les machines pour empêcher le défrichage et se sont accrochéEs aux poteaux afin d’empêcher la pose du grillage. Ils ont réussi à ralentir les travaux. Mais durant ces 10 jours, ils-elles ont été délogéEs sans ménagement, souvent traînéEs au sol, jetéEs, sous l’œil bienveillant des gendarmes qui, même lorsqu’un opposant fut blessé et évacué par les pompiers, se sont bien gardés d’intervenir. La pose de la clôture est terminée à ce jour mais elle a duré beaucoup plus longtemps que prévu ! Les travaux sont en stand by aujourd’hui mais il faut rester vigilantEs, car, quand ils reprendront, de nouvelles actions de blocage vont être organisées. En attendant, des actions décentralisées vont être mises en place …

    Ce n’est pas la première fois que des opposantEs à des grands chantiers nuisibles et illégaux n’ont pour seule solution que d’user de l’action directe non violente pour stopper des chantiers illégitimes quand les promoteurs ignore la justice et veulent passer en force ! Cet été, les opposantEs au projet de gigantesque poubelle nucléaire à Bure ont détruit un mur illégal construit par l’Andra !! La déclaration d’utilité publique du barrage de Sivens a été annulée bien après le défrichage de la forêt et qu’un jeune eut été tué par la police pendant un rassemblement d’opposantEs au barrage. Il faut croire que ce triste événement n’a donc pas servi de leçon.

    Il est très intéressant, dans cette lutte, de faire le lien avec TESO (Toulouse Euro Sud-Ouest), le grand projet urbain de Moudenc qui veut faire du quartier de la gare Matabiau le pôle d’un véritable quartier d’affaires, un pôle d’échange multimodal (LGV, TGV, 3ème ligne de métro) et dont la concertation a démarré en mars 2016 ! En effet, on y retrouve cette société foncière du CAC 40 : Unibail Rodamco ! Elle est parmi les premiers promoteurs sur les rangs !!

    L’état n’a pas encore signé la déclaration d’utilité publique de ce projet de 230 hectares prévu jusqu’en 2030 mais le changement est déjà à l’œuvre de façon concrète (chantier rue Bayard, rachat du foncier, par Toulouse Métropole, avenue de Lyon).

    Nous pouvons déjà parler des conséquences désastreuses de ce projet : exclusions des populations les plus modestes au profit des plus aisées, vente du quartier à des promoteurs, un financement du projet de 300 millions d’euros encore flou !!

    C’est ainsi que, sous l’appellation « aménagement du territoire », on parle d’un projet destructeur et d’un partenariat public privé.

    Et parlons de Vinci, Vinci Autoroute-Aéroport-Hôpital … Université !! A Toulouse, l’entreprise termine les travaux de la fac du Mirail pour un coût de 185 millions d’euros et va voir ses actionnaires profiter de belles sommes puisque l’état va rembourser 10 millions d’euros par an sur 30 ans !! Cette Université des « Sciences Humaines » faite de murs blancs, d’extérieurs bétonnés de partout, où il ne sera pratiquement plus possible de faire des banquets, de se caler dans l’herbe et de se réapproprier l’espace qui dispose aujourd’hui de caméras 360 degrés et de vigiles armés. Chaque tag ou affiche posés sur un mur est enlevé illico !

    Vinci toujours dans les plans dégueulasses puisque qu’elle a aussi construit le « mur de la honte » à Calais ! Et si on faisait comme à Bure !?

    Il est nécessaire de s’organiser pour lutter contre ces grands projets nuisibles et imposés, souvent surdimensionnés, symbolisant le capitalisme dans toute sa splendeur avec l’idée du toujours plus, toujours plus grand, toujours plus vite. Toujours plus d’argent du public au profit du privé …

    Contre ce monde de consommation et qui détruit la planète, posons les bonnes questions. Des alternatives sont possibles. Que veut-on produire ? Comment ?

    Correspondante