NPA Haute-Garonne
  • Retour sur ma garde à vue suite à l’action "Y a pas d’arrangement" par François Piquemal, Porte Parole Sud Ouest DAL Toulouse

    Le 12 mai 2016, par François Piquemal, Porte Parole Sud Ouest DAL Toulouse

    Aujourd’hui je suis sorti de 21 heures de garde à vue avec trois camarades. Ce que l’on nous reprochait ? "Attroupement après sommation de quitter les lieux", "préméditation de dégradation". Nous avons été interpellés devant la permanence d’une député PS, Mme Martinel, après la troisième action "Y a pas d’arrangement" qui avait consisté en une occupation d’une mairie de quartier à Toulouse.

    Tous les quatre sommes des têtes connues des mouvements sociaux toulousains, dès l’arrivée au poste il s’est avéré que les Officiers de Police Judiciaire (très heureux des heures sup imposés par leurs supérieurs...) reconnaissaient à demi mot qu’ils n’avaient rien et que notre présence était absurde. Et pour cause nos arrestations sont intervenues une heure après que la dernière sommation ait lieu alors que nous attendions qu’un groupe de manifestants soient libérés du jardin de la permanence de Mme Martinel, et aucune dégradation n’ayant été commise, compliqué de nous accuser de préméditation...

    Au delà de cela, ces arrestations sont "normales", elles se situent dans une troisième séquence du mouvement contre la Loi Travail/Licenciement.

    La troisième action du collectif "Y a pas d’arrangements" « Choco BN » dont le DAL Toulouse 31 en fait partie. Elle a eu lieu ce mercredi et victime du succès des deux précédentes (400 personnes) a dû supporter un dispositif policier très important signe de l’agacement mais aussi du dépassement des forces de l’ordre sur ce type d’action. Elle a donc débouché sur des arrestations sans fond, preuve également de l’efficacité des axes (pacifique, occupation sans blocage) de ce type d’action qui empêche des attaques juridiques. Mieux, alors que certains hauts-gradés pensaient mettre un frein à ces actions avec ces GAV, aujourd’hui suite à la manifestation contre la Loi Travail, c’est 3 000 personnes qui nous attendaient à la sortie du commissariat à l’appel de nombreux cortèges dont l’intersyndicale, CGT en tête, et une nouvelle action "Y pas d’arrangement" est déjà prévue pour samedi...

    Et maintenant ? Un 49-3 dans la rue !

    Clairement il semble que le mouvement soit passé ce mois de mai à sa troisième séquence, un moment où tout se tend, accéléré aussi il faut bien le dire par le coup bas 49-3 que l’on attendait pas si tôt. Cette phase est normale, si le mouvement peut sembler être dans les cordes avec le passage de la loi par la force, c’est justement le moment pour ne plus retenir les coups. La navette parlementaire n’a pas encore effectuée sa boucle, il est encore temps d’être plus nombreux dans la rue la semaine prochaine, le travail des syndicalistes de terrain doit payer. Nos arrestations dans ce contexte n’ont rien d’anormales, elles sont le symptôme d’un gouvernement qui n’a plus rien à dire mis à part les coups de tonfas, les tirs de flash ball et les garde à vue. Cette loi ne doit passer tant ses impacts sur les droits humains vont être importants à commencer par le logement.

    J’ai à cette heure une pensée pour les neuf interpellés suite à la manifestation d’aujourd’hui à Toulouse, j’ai une pensée pour Marius militant du DAL Guyane arrêté arbitrairement, j’ai une pensée pour la solidarité forte dont nous avons bénéficié mes trois co-gardés à vue et moi, j’ai surtout envie qu’à notre tour, nous mettions dans la rue un 49-3 à ce gouvernement !