NPA Haute-Garonne
  • Crise de l’aéronautique et changement climatique : fin du monde, fin du mois, même système, même combat !

    Ce samedi 3 octobre 2020, partout en France, ont été organisées des marches sur les aéroports dans le cadre du combat contre le réchauffement climatique.

    Face à la crise climatique, repenser la place du transport aérien.

    Le trafic aérien civil représente 5 % du réchauffement climatique imputable aux activités humaines (gaz à effets de serre, impact sur la nébulosité…) et les améliorations techniques ne peuvent compenser l’accroissement incessant du trafic. Au lieu d’évaluer l’utilité du transport aérien de marchandises, d’hommes d’affaires, de touristes, c’est une fuite en avant insoutenable (1 million de passagers en 2000, 4,5 millions en 2019). L’importance de l’avion est symptomatique du système capitaliste : ce mode de transport est en grande partie réservé aux plus aisés, ne correspond qu’à très peu de besoins sociaux fondamentaux, et est de loin le plus polluant (au moins 20 fois plus que le train rapporté au nombre de passagers par km parcourus). Pourtant les gouvernements subventionnent l’aérien et démantèlent le train à l’échelle nationale (intercités, trains de nuit, FRET).

    Les chiffres contenus dans le dernier rapport de Oxfam France sont imparables : au niveau mondial, de 1990 à 2015, les 1% les plus riches sont responsables de 15 % des émissions cumulées de CO2. C’est deux fois plus que les 50 % les plus pauvres. Rapport après rapport, étude après étude, l’évidence s’impose : ce sont les riches qui bouleversent le climat et mettent l’avenir de l’humanité en danger.

    Les patrons de l’aéronautique ne détruisent pas que le climat, ils détruisent aussi les emplois !

    Ainsi, les capitalistes se préparent à relancer la production d’avions au même niveau qu’auparavant. Les carnets de commandes sont pleins pour plusieurs années : celui d’Airbus compte 7 500 appareils (pour comparaison, en août Airbus a livré 39 appareils, avant la pandémie, il livrait entre 50 et 70 appareils par mois).

    Le gouvernement vient de débloquer 15 à 20 milliards d’euros, pour « aider » le secteur, qui ne sont pas conditionnés à la sauvegarde des emplois. Ils ne bénéficieront qu’aux actionnaires qui profitent du prétexte de la CoViD pour restructurer la production, accentuer l’exploitation des travailleur·se·s du secteur, et s’assurer des profits toujours plus importants.

    En effet, Airbus annonce 15 000 suppressions d’emplois dans le monde et 5 000 en France dont probablement 3 000 à 3 500 à Toulouse. Et en cascade, c’est en dizaine de milliers qu’on pourrait compter les suppressions d’emplois en cours dans la sous-traitance. Par ailleurs, sous pression de chantage à l’emploi, ce sont les APC (Accords de Performance Collective) qui se multiplient et imposent des baisses de salaires allant jusqu’à -30 %.

    La voie pour les salarié-e-s du secteur aéronautique, menacé·e·s dans leur majorité par des PSE et des APC, c’est de s’organiser collectivement pour refuser de se sacrifier.

    Face aux urgences sociales et climatique : interdiction des licenciements, baisse du temps de travail et reconversion sous contrôle des travailleur·se·s et de la population.

    Dans l’aéronautique comme ailleurs, il faut de toute urgence interdire les licenciements, baisser le temps de travail à 28h sur 4 jours tout en maintenant les salaires. Et ce dans toutes les entreprises, grandes ou petites, en faisant payer les donneurs d’ordre pour leurs sous-traitants.

    Sans attendre, nous devons récupérer les dividendes et l’argent public touchés par les actionnaires ces dernières années Nous devons socialiser tout le secteur de l’aéronautique pour travailler à sa reconversion, libéré du pouvoir des capitalistes à décider de notre avenir. Ce sont les travailleur·se·s du secteur aéronautique, avec leurs compétences, et aux côtés de la population, qui doivent décider d’un nouveau projet industriel utile socialement, diversifié et respectueux de la planète.

    Enfin, en diminuant massivement le temps de travail de tou·te·s, nous pourrons consacrer plus de temps à nos déplacements et ainsi utiliser des modes de transports à faible émission pour la plupart de nos déplacements.