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NPA Haute-Garonne
  • Bulletin Poste - 3 novembre 2016

    C’est la jungle capitaliste qu’il faut démanteler…

    Le gouvernement a voulu nous raconter une belle histoire, celle d’un bidonville géant de 10 000 personnes que par humanitarisme il aurait fait gentiment évacuer. La com’ gouvernementale, comme le crime, était presque parfaite ! Mais la réalité, c’est que Hollande et Valls ont lancé le lundi 24 octobre la destruction du bidonville de Calais, aussi brutalement qu’ils avaient traqué les migrants pour les y acculer.

    La « jungle » de Calais était un cloaque ? Un lieu invivable qu’il fallait « démanteler » – en fait incendier et raser ? Mais à qui la faute si ce n’est à ces gouvernants qui ont laissé errer et zoner dans le froid et la boue l’équivalent en nombre de la population d’une vraie ville ? Le plus scandaleux étant que ces migrants venus d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, d’Érythrée et autres pays d’Afrique, fuyaient la misère et les terribles guerres que ces mêmes gouvernants ont contribué à déclencher et attiser dans ces pays et régions ces dernières vingt années.

    Précariser encore…

    Hollande et Cie ont fait mine de jouer les bons samaritains, mais la mise en scène des « voyages organisés » en bus, de Calais aux quatre coins de la France, a vite tourné en eau de boudin. Tous les migrants n’avaient pas envie de partir, tous n’étaient pas convaincus – et pour cause – que le point d’arrivée serait un eldorado stable. Et ces hommes et ces femmes avaient formé à Calais une communauté dans l’adversité. Avec l’aide de nombreuses associations et personnes, ils avaient créé des moyens inouïs de survie communautaire (cafés, restos, centres associatifs de santé, alphabétisation, spectacles…). En échange, le gouvernement offre à quelques milliers du provisoire, dans des « centres d’accueil et d’orientation » (CAO), éparpillés de la Bretagne à l’Aquitaine. Et tout le problème est de savoir pour combien de temps.

    De jungle en galère…

    Le résultat, c’est qu’après trois jours pendant lesquels le gouvernement a prétendu que tout baignait à Calais, la situation tourne déjà vinaigre. Des migrants, nombreux, n’ont pas voulu prendre les bus, ou sont partis par leurs propres moyens et leurs propres destinations, en particulier vers Paris où à nouveau grossit le campement du quartier de Stalingrad proche de la gare du Nord. Plus d’un millier de personnes y sont arrivées en quelques jours et à Calais ou Dunkerque, de nouveaux campements de migrants se créent… La même politique crasse des autorités françaises engendre le même désastre.

    Éparpiller…

    L’objectif du gouvernement est de disperser les migrants, de les rendre invisibles ou de le tenter, en particulier pour céder à ceux qui se laissent abuser en pensant que ces migrants viendraient manger notre pain et voler nos boulots ! Un peu partout où des réfugiés sont arrivés ces derniers temps, des manifestations de mauvais coucheurs du FN ou autres xénophobes ont eu lieu… Mais des contre-manifestations bien plus nombreuses aussi, dans de nombreuses villes de tailles diverses. Des initiatives qui expriment de la chaleur humaine, de l’espoir… Partout où c’est possible, il faut en être. À qui pourrait-on faire croire que 10 000 personnes de plus ne pourraient trouver place dans un pays qui compte 65 millions d’habitants ? Dans des conditions parfois elles aussi discutables, l’Allemagne en a accueilli un million !

    Tous ensemble, ouais !

    Les travailleurs doivent se dresser contre cette politique nauséabonde et meurtrière du gouvernement : 3800 personnes sont mortes en Méditerranée depuis janvier 2016. Ils doivent montrer leur solidarité à l’égard de réfugiés avec lesquels ils ont incomparablement plus en commun qu’avec les patrons et les dirigeants politiques à leur service. Les travailleurs ont tout à craindre de ces derniers qui leur volent leurs emplois à coups de dizaines de milliers de licenciements et suppressions de postes. Elle a en revanche tout à espérer des migrants, nouveaux venus qui seront des alliés dans les prochaines luttes tous ensemble.

    Paroles… paroles…

    Suite à la médiatisation de plusieurs suicides, La Poste a proposé aux syndicats des négociations sur les conditions de travail des facteurs. Elle a aussi annoncé l’arrêt des réorganisations pendant… un mois et demi. C’est-à-dire jusqu’à la fin de ces négociations, prévue le 14 décembre.

    Sauf que là où des réorganisations sont prévues en novembre, la direction veut organiser la vente comme si de rien n’était et ne rien changer au bout.

    Même si certains responsables syndicaux « se félicitent » de ces discussions, il faudra bien plus si nous voulons obliger la direction à reculer.

    On le voit partout, ce sont les réorganisations et les suppressions d’emplois permanentes qui provoquent une dégradation très importante de nos conditions de travail.

    On n’est pas les seuls à le dire

    La rapacité des patrons de la Poste va tellement loin que cela choque des élus centristes.

    Un maire UDI, président de l’Association des maires d’Iles de France, déclarait récemment « La mutation de La Poste, engagée depuis plusieurs années, sa montée en cadence, sa recherche de rentabilité, montre que les cadres dirigeants n’ont vu dans l’institution qu’une machine à profit. »

    Jargon bancal

    Dans certains services de La Poste, on a demandé à des collègues de signer une « Chartre du comportement », interdisant – entre autres choses – de parler un « dialecte local ».

    Cependant, on nous abreuve continuellement de « management », de « sourcing », on nous dit que la Banque Postale va investir dans le « crowdfunding », et on invite les clients en difficultés à utiliser le « webcallback »...

    Les promoteurs de cet étrange dialecte local risquent-ils des sanctions ?

    Souriez c’est pour la télé

    La société de pub Havas, filiale du groupe Bolloré, vient de remporter la prolongation de son marché pour les campagnes publicitaires de la Poste pour les deux prochaines années.

    La boite de pub du milliardaire Bolloré s’est déjà bien gavée depuis 5 ans avec ce marché, mais voici quelques millions de plus gaspillés dans des campagnes marketing absurdes.

    La tournée du patron

    Il est amusant de se souvenir que Philippe Wahl, notre actuel président directeur général du Groupe La Poste avait dirigé le groupe Havas en 2005.

    Il avait même occupé de l’année suivante la fonction de vice-président du groupe Bolloré avant de retourner à des activités de grand banquier jusqu’en 2011, après quoi nous l’avons connu aux commandes de la Poste tout juste transformée en société anonyme.

    Une nouvelle idée de la Poste (mais pas la notre)

    La direction vient de lancer sa nouvelle campagne de pub dans les médias. Le thème : « la poste plus proche et plus connectée ». Mais qui se fout du monde en programmant toujours plus de fermetures de bureaux et d’agences ?

    Ca aurait été un peu gros d’annoncer aux usagers « si vous voulez trouver la Poste, allez sur internet ! ».

    Ça plane pour moi

    La direction n’est toujours ni très proche ni très connectée au terrain. En témoigne, l’arrivée des scooters staby qui a eu quelques ratés.

    Des tailles de garages inadaptées, des galères pour les recharger, des pannes en série dès la première semaine sur certains sites comme à Cugnaux… Mais vu qu’on avait du nouveau matériel il était impensable et impossible de récupérer les anciens scooters.

    La police rôde la nuit

    Manif sauvage de nuit, flics en civil cagoulés déambulant dans quelques villes du pays… les mêmes qui tapaient à bras raccourcis sur les manifestants contre la loi travail se retrouvent de l’autre côté de la barrière. Nous étions un million, ils sont quelques centaines. Mais ils ont obtenu les faveurs d’un gouvernement qui a bien besoin de flics pour défendre ses lois en faveur des patrons et se protéger de son impopularité. Une enveloppe de 250 millions et une réforme envisagée de la légitime défense (qui de fait existe déjà) leur permettant de tuer plus facilement sans risquer de sanctions… Plus de bavures en perspectives !