"/>
NPA Haute-Garonne
  • Bulletin Airbus et sous-traitants - Septembre 2017

    Le 12 septembre, toutes et tous en grève et dans la rue !

    Le texte définitif des ordonnances modifiant le code du travail vient de tomber. Toutes les attaques annoncées par Macron y figurent : facilités de licenciement, possibilité de revoir à la baisse les contrats de travail, aggravation de la précarité…

    Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, ce n’est qu’une « première étape » : il en demande plus. Alors qu’on soigne les patrons au nom du sauvetage de l’économie, voilà que les grandes entreprises affichent des bénéfices record : plus de 50 milliards de bénéfices au premier semestre 2017 pour les entreprises du CAC 40, soit 25 % de plus que pour le premier semestre de l’an dernier.

    Et il faudrait qu’on laisse faire ? Il faudrait qu’on écoute la CFDT, qui avait déjà approuvé la loi El Khomri au printemps 2016 et récidive ? Il faudrait qu’on se résigne, comme nous y conviait le secrétaire général de la confédération FO qui traitait les syndicats FO appelant à participer à la manifestation du 12 septembre (comme la fédération FO des transports) de « grognons râleurs », avant de faire volte-face ?

    Des raisons d’être des salariés en colère et en lutte et, pour commencer, de participer massivement à cette journée de grève et manifestation appelée au moins par la CGT, la FSU et le syndicat SUD, on en a plus qu’il n’en faut.

    Le plafonnement de l’indemnité pour licenciement abusif doit permettre au patron de vous licencier même de façon parfaitement illégale en sachant que cela ne lui coûtera pratiquement rien.

    Le droit accordé aux patrons des petites entreprises de négocier directement avec leurs salariés, en dessous même des minima fixés par les accords de branche, va leur permettre d’imposer baisses des salaires, suppressions de primes ou augmentation des horaires en pratiquant le chantage aux suppressions d’emplois ou à la fermeture. C’est une pratique déjà courante, y compris dans de grandes entreprises. Elle deviendrait la règle.

    La durée des CDD et le nombre de leurs renouvellements possibles pourraient être modifiés selon les branches au gré des besoins du patronat, accroissant encore la précarité des emplois.

    Quant à la fusion prévue des divers types de délégués du personnel (DP, Comité d’entreprise et CHSCT), elle vise à enfermer l’activité des délégués du personnel dans les séances de papotage avec les directions, le fameux « dialogue social » qui devrait remplacer les luttes.

    Le massacre des emplois aidés

    Dans le même temps le gouvernement inaugure ses propres plans de licenciements, avec la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, qui passeront de 460 000 en 2016 à 310 000 fin 2017.

    Prétexte du premier ministre : ces emplois précaires ne résoudraient pas le problème du chômage. Mais alors, pourquoi ne pas les transformer en emplois fixes ? Répartis essentiellement dans les services publics (collectivités territoriales, éducation, hôpitaux, transports) ainsi que dans des associations assurant des services sociaux, ils remplissent des tâches indispensables. Au point qu’en cette rentrée scolaire de nombreuses mairies ne voient pas comment assurer le bon fonctionnement des cantines des écoles, de la surveillance des entrées et sorties des enfants, ou suppriment carrément des activités périscolaires ou de soutien aux élèves en difficulté ou handicapés.

    Le manque de moyens et le nombre de postes laissés vacants suscitent la colère dans de nombreux collèges et lycées et plusieurs grèves y ont éclaté dès le premier jour de classe sans attendre la journée d’action annoncée.

    Cette journée de grève et manifestations du 12 septembre doit être suivie très massivement. Et il ne faudra pas en rester là : indépendamment de toutes les tactiques, accords ou désaccords des directions syndicales, il ne tient qu’à nous de faire de cette journée le point de départ d’une riposte générale du monde du travail.

    A Toulouse, manifestation le 12 septembre, 14 heures, place Arnaud Bernard

    Lundi 4 septembre 2017

    Tout va très bien… ?

    La banque UBS donne un objectif de 90 € pour l’action Airbus à moyen terme. Le 5 septembre celle-ci est montée à 71 €.

    Donc tout va bien… pour les actionnaires, d’autant plus que leurs dividendes pour 2016 ont été bien gras, au point de représenter 105 % des bénéfices. Pour satisfaire les actionnaires Enders a tapé dans la caisse…

    Mais surtout difficile d’oublier que le plan Gemini, avec ses centaines de « départs volontaires » et de déménagements contraints, a débuté le 1er juillet. Et que les licenciements secs ne sont toujours pas exclus.

    Plus d’un salarié sur cinq en contrat précaire à Airbus Saint-Nazaire

    A l’usine de Saint-Nazaire la précarité est galopante. Avec 2 867 CDI, 113 CDD et 648 intérimaires, ce sont 21 % des salariés qui sont en contrat précaire.

    Une situation d’autant plus scandaleuse que le carnet de commandes est bien fourni.

    Ici, à Toulouse, la direction n’a rien de mieux à proposer que des CDII (CDI « Intérim »), sans aucune garantie d’embauche à la clé au bout des 36 mois maximum de présence à Airbus que permet ce type de contrat.

    Autant dire qu’Airbus n’a pas attendu les ordonnances Macron pour précariser au maximum ses salariés et pourrait se sentir pousser des ailes si cette « réforme » devenait effective.

    Une bonne raison pour manifester mardi 12 septembre.

    Conditions de travail sur les postes à l’usine Clément-Ader

    Mi-juillet nous avons été appelés à débrayer à l’appel de FO pour protester contre le licenciement d’un collègue accusé de harcèlement au cours de bizutages répétés.

    FO fait dans un tract le lien entre les conditions de travail difficiles sur les postes 40 et les bizutages. Bien sûr, plus on rabaisse les gens avec des conditions de travail difficiles plus les relations entre collègues peuvent avoir tendance à se rabaisser. Mais pour autant rien ne justifie les bizutages, qui sont une pratique d’un autre âge.

    Au cours de ces débrayages FO a réussi à mobiliser des salariés sur un cas particulier. Mais que ne l’a-t-il fait plus tôt à propos des conditions de travail sur les postes 40 !

    Dans cette histoire nous sommes nombreux à nous être sentis manipulés… A juste titre.

    Lancer… la grève

    L’alliance entre Safran et Airbus pour fonder « Airbus Safran Launchers » (rebaptisée Ariane Group le 1er juillet dernier) commence bien : 300 salariés de l’usine de Vernon (ex-Snecma) sont entrés en grève le 27 juin. En cause le fait qu’ils risquaient de perdre 10 % de leur revenu lors de cette opération par la diminution des primes d’intéressement et de participation, qui étaient importantes chez Safran et compensaient des salaires plutôt bas. Mais Enders trouve sans doute qu’ils sont trop payés.

    Leur détermination pour s’organiser et faire grève a été la meilleure réponse. La direction a un peu reculé. Et surtout si, fin juillet, elle a tenté de revenir sur la prime de transfert promise négociée en mars (2 000 € en moins !), elle a de nouveau dû abandonner fin août pour s’éviter une nouvelle grève.

    Les salariés d’Ariane Group nous montrent la voie : c’est par la mobilisation et la grève qu’on évite les reculs et qu’on obtiendra des avancées sociales.

    Des A380 gonflés à bloc !

    Selon le magazine Le Point des compagnies rachètent des A380 et font passer le nombre de sièges de 540 à 700, pour en faire des charters de pèlerinage vers La Mecque.

    L’espace entre les rangées étant sûrement très réduit, on peut s’attendre à un inconfort certain, mais les dirigeants de ces compagnies prétendront peut-être que ce n’est pas pour le profit qu’ils entassent les pèlerins mais pour leur rendre un pieu service…

    Lutte de classes dans la start-up

    Les livreurs de Deliveroo se mobilisent contre la baisse de leur rémunération décidée par l’entreprise, qui peut représenter jusqu’à un tiers de leurs revenus. Etre payés 5 euros la course, pour porter repas chauds ou pizzas sur leur dos, 10 heures de travail par jour et près de 1 000 km à bicyclette par mois pour gagner moins que le SMIC, les temps d’attente non payés, aucune assurance et les accidents pour leur pomme, voilà ce qu’on propose.

    Ils ont manifesté le 28 août dans plusieurs villes de France et imposé à la direction de Deliveroo d’ouvrir enfin des négociations le 1er septembre. Ils revendiquent entre autres 7,50 € par course, des minima horaires garantis et restent mobilisés.

    Cette lutte de travailleurs très précarisés ouvre la voie à beaucoup d’autres luttes.

    L’Union européenne et ses alliés aux mains sales

    « Ce qui a été fait entre la Libye et l’Italie […] est un parfait exemple de ce vers quoi nous souhaitons tendre », disait Macron le 28 août.

    De quoi s’agit-il ? Des émissaires italiens ont négocié un accord secret avec des bandes armées mafieuses, qui ont arrêté leur activité de passeurs pour maintenant empêcher les migrants de quitter les côtes libyennes. On n’ose imaginer avec quelle brutalité.

    Auparavant, c’était avec Kadhafi que l’Union européenne s’était entendue pour bloquer les migrants… Tel est « l’humanisme » de Macron et de ses collègues européens !