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NPA Haute-Garonne
  • Bulletin Airbus et sous-traitants - Septembre 2016

    Licenciements et suppressions de postes à Alstom, SFR, HSBC, Philips, Latécoère… Le patronat à l’offensive !

    L’annonce le 7 septembre par la direction du groupe Alstom de la fermeture du site de Belfort non seulement a jeté la consternation sur toute une ville mais a pesé sur tous les travailleurs du groupe – ils sont 31 000 dans le monde, dont 9 000 en France.

    Carnet de commandes garni, subventions, profits : Alstom cumule tout !

    Il paraît que le carnet de commandes de l’usine de Belfort ne serait plus assez garni pour assurer la pérennité du site.

    Quelle mauvaise blague ! Alstom est une multinationale florissante dont les commandes en cours se chiffrent à près de 30 milliards d’euros. En 2015-2016, le groupe ferroviaire a dégagé un bénéfice d’exploitation de 366 millions d’euros. Et il profite des largesses de l’État : en 2015, 86 millions au titre du crédit impôt recherche (CIR), 6,3 millions au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Sans oublier les 3,6 milliards récupérés en 2014 par les actionnaires lors de la cession de la partie Énergie du groupe à General Electric...

    Alstom ne manque pas de commandes mais les répartit où il veut, privant les uns de travail et aggravant les conditions de travail des autres.

    Multiplication des licenciements et suppressions d’emplois

    Alstom n’est pas seul. Aux près de 500 emplois que le groupe veut supprimer à Belfort, il faut en ajouter bien d’autres : 5 000 par SFR, 170 par Hitachi, 230 par Philips, 600 par le groupe pharmaceutique Servier, 300 par Latécoère (voir l’article au verso). Et tant d’autres : Société générale, Arkema, Vallourec, HSBC… Sans compter les restructurations à la Poste, dans les hôpitaux et autres services publics.

    À chaque fois, les capitalistes mettent en avant qu’il ne s’agirait pas de licenciements mais de suppressions de postes avec prétendus « départs volontaires » ou promesses plus ou moins bidon de reclassements. Mais proposent-ils des reclassements aux milliers de travailleurs intérimaires ? Aux travailleurs en CDD ? Sans compter les autres conséquences : quand une usine comme Alstom ferme à Belfort, combien d’autres emplois y disparaîtront ? Nous connaissons tous ces centres villes désertés, ces magasins fermés, ces quartiers à l’abandon partout où les capitalistes décident de fermer une usine.

    Rien à attendre du gouvernement

    À chaque suppression d’emploi correspond un alourdissement de la charge de travail sur d’autres postes. Chaque suppression de poste précarise un peu plus l’emploi de ceux qui ont conservé le leur. Et, toujours, les salaires sont tirés vers le bas.
    Il n’y a rien à attendre du gouvernement : il participe largement aux attaques contre les travailleurs comme on l’a encore vu récemment avec la loi Travail !

    Ce qui est nécessaire, c’est l’interdiction des licenciements et des suppressions de postes ! Ce qu’il faut, c’est prendre sur les profits pour maintenir l’emploi, prendre sur les profits pour créer des postes et permettre à toutes et tous de travailler dans de bonnes conditions, de vivre décemment.

    Mais cela ne pourra qu’être le résultat d’une lutte d’ensemble des travailleurs.
    L’urgence est à la coordination des luttes de tous ceux qui se débattent contre les licenciements comme ils le peuvent, isolés dans leur entreprise. Cela mettrait déjà dans la grève et dans les rues des travailleurs par milliers et créerait les conditions pour que la classe ouvrière reprenne l’offensive et impose son droit à vivre décemment face à un patronat toujours plus avide.

    Lundi 19 septembre 2016

    Latécoère : les vautours à l’œuvre

    Alors même que le chiffre d’affaires semestriel de Latécoère augmentait de 11,5 %, la direction a annoncé un plan « Transformation 2020 » entraînant la fermeture du site LATelec près de Tarbes (70 emplois supprimés) et la suppression d’environ 300 emplois dans l’usine toulousaine de Périole, ainsi que la vente de Latécoère Services (841 emplois).
    Ce sont deux fonds de pension qui ont pris le contrôle du groupe Latécoère il y a peu. Il est probable que la vente de Latécoère Services (quasiment finalisée, pour 63 M€, l’équivalent de près de 11 ans de bénéfices) soit due à la volonté de récupérer rapidement une partie de leur mise. Pour l’usine de Périole, impossible de ne pas évoquer une opération immobilière juteuse sur un terrain si proche du centre ville. En tout cas, une partie importante de la production disparaîtrait de cette usine (sans qu’on sache où elle irait). Quant à LATelec, la fermeture d’une usine en France est concomitante de l’inauguration au Maroc d’une usine « best cost » (terme désormais politiquement plus correct que « low cost » pour les patrons). Faut-il y voir un lien ?
    Quant à la direction d’Airbus, qui n’est pas pour rien dans la situation de son sous-traitant, elle planifie elle aussi, d’ores et déjà, des attaques sur les emplois et les conditions de travail.
    Les travailleurs de Latécoère n’ont aucune raison d’accepter cette casse de leurs emplois. D’autant plus que leur combat pourrait rejoindre celles des autres entreprises en lutte contre les PSE.
    Alors il est grand temps de remettre en question, tous ensemble, les logiques capitalistes, d’imposer par nos luttes l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois et l’expropriation des licencieurs.

    Heures sup à gogo à l’A350

    Ça y est : c’est désormais 44 heures par semaine que la direction nous impose. Cet été des compagnons qui avaient réservé une location du samedi au samedi devaient encore être au boulot le samedi matin. Les pressions n’ont pas manqué.
    Bien souvent d’ailleurs on se demande pourquoi on vient. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’arrivée c’est nous qui sommes crevés.
    Heures sup à gogo pour les uns, intérim et précarité pour les autres. Il y a quelque chose qui cloche.
    Qu’ils embauchent ! Et en priorité les intérimaires !

    La valse des chiffres

    Les 650 livraisons d’avions officiellement prévues pour 2016 sont impossibles à atteindre, et pas seulement à cause de retards de livraison de sièges, de toilettes et maintenant de moteurs. Une des raisons est, par exemple, que les leçons de l’A380 et ses centaines d’options n’ont pas été retenues pour l’A350 : rien que pour les toilettes il y a une centaine d’options ! Plus généralement, nos cadors ont eu les yeux plus gros que le ventre. Il paraît que ceux de Boeing ont fait de même…
    Ils sont pourtant grassement payés pour prévoir.
    Mais c’est nous qui en payons le prix, en particulier avec des heures sup imposées. Cerise sur le gâteau, l’objectif « interne » de livraisons est 690, et non 650. Comme cela on sera encore plus loin de l’objectif, ce qui leur permettra de baisser un peu plus la prime d’intéressement.

    Les actionnaires d’abord !

    Telle est la devise de nos dirigeants. C’est au Financial Times qu’Enders a réservé ses déclarations sur des suppressions possibles d’emplois dans le groupe. A l’entendre, ce serait inévitable pour compenser les pertes de l’A380 et celles de l’A400M.
    Ben voyons ! Comme si l’argent n’avait pas déjà été provisionné ! Non, la seule chose qui préoccupe Enders c’est les 10 % de rentabilité promis aux actionnaires.
    Avec 10 ans de carnet de commandes, un résultat net qui progresse de 15 % à 2,7 milliards, les suppressions d’emplois sont inacceptables.

    Airbus Helicopters : non aux suppressions d’emplois

    Suite à divers problèmes (accident d’un Super Puma, moindre demande des compagnies pétrolières, retard dans la conclusion de contrats), le plan de charge d’Airbus Helicopters a baissé et la direction parle de départs possibles si des contrats ne sont pas signés d’ici fin 2016.
    Pas question d’accepter des suppressions d’emplois, même camouflées en départs volontaires ou en retraites anticipées. Les profits du groupe Airbus permettent largement de surmonter ce petit trou d’air !

    Macron, l’homme des riches

    On connaissait l’attirance de Macron pour les riches, il déclarait en janvier dernier : « Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires. »
    À défaut de milliardaires, Macron s’est trouvé un multimillionnaire prêt à miser sur lui. Grande fortune du commerce et de l’immobilier, Henry Hermand, le plus cher soutien de Macron pour l’instant, affirmait récemment au journal Le Parisien : « J’ai des relations dans les milieux d’affaires, donc je demande à mes amis qui en ont les moyens d’essayer de le soutenir. »